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  L’association France-Égypte est à la fois une dame respectable, née en 1936, et une jeune personne qui cherche sa voie. Disons d’emblée que, parmi toutes les associations qui lient la France à des pays amis, la nôtre se nourrit d’elle-même, tant sont répandus chez nous l’amour et la curiosité du pays du Nil. Disons aussi qu’à la différence d’autres organismes qui s’intéressent à l’Égypte, sa vocation est générale : elle a pour but de concourir au rapprochement entre nos deux peuples et de couvrir tous les aspects de l’histoire et de la civilisation.
La naissance de France-Égypte est due à d’éminentes personnalités françaises et égyptiennes qui avaient vécu des deux côtés de la Méditerranée et souhaitaient diffuser auprès d’un large public français leur connaissance des multiples réalités égyptiennes.
Les conférences organisées ces derniers mois par France-Égypte témoignent de cette diversité : les sujets, traités par les meilleurs spécialistes, se partagent entre les infinies découvertes de l’égyptologie et des aspects peu connus de l’Égypte moderne et contemporaine.
Notre association réunit un grand nombre d’admirateurs de la civilisation égyptienne, de personnes ayant vécu ou en tout cas voyagé en Égypte, d’amateurs éclairés de l’histoire et de l’art. Nous voudrions l’élargir à ceux qui n’ont pas encore eu le plaisir de connaître personnellement ce merveilleux pays, ou, l’ayant visité, souhaitent approfondir leurs connaissances.
Venez nous rejoindre ! Philippe Cuvillier ambassadeur de France président de France-Égypte

De la passion au partenariat Les Français ne sont pas les seuls à être attirés, et souvent fascinés, par l’Égypte. Ils ont cependant donné à cette passion, depuis plus de deux siècles, des formes très concrètes : c’est une passion incarnée, consommée en quelque sorte.
Après avoir cédé à une très vieille tentation — occuper le pays des pharaons, avec Bonaparte — la France s’est placée sur un autre registre, celui de l’exploration, de la recherche et de la culture. Si la publication de la Description de l’Égypte a été un événement scientifique au début du dix-neuvième siècle, que dire du déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion ? Dans la foulée, Auguste Mariette a mis en place le service des Antiquités égyptiennes et fondé le musée du Caire, alors que d’autres Français avaient activement participé à la naissance du nouvel État égyptien sous le règne de Mohamed Ali : le colonel Sève (Soliman pacha), le docteur Clot (Clot bey), les ingénieurs Pascal Coste, Linant de Bellefonds ou Charles Lambert… Quant au canal de Suez, il n’aurait pas vu le jour sans la détermination de Ferdinand de Lesseps, qui a su convaincre Saïd pacha, vice-roi d’Égypte, de changer la carte du monde en reliant la mer Rouge à la Méditerranée.
C’est dans le domaine de l’enseignement que la France a été la plus ambitieuse, cherchant à diffuser sa langue et sa culture dans un pays arabe, occupé par les Anglais à partir de 1882. Les établissements catholiques, puis ceux de la Mission laïque française, se sont affirmés comme les meilleurs d’Égypte, pour former des élèves de toutes les confessions religieuses. Une francophonie florissante a vu le jour dans la vallée du Nil, avec de nombreux journaux et une abondante production littéraire. À la passion des Français pour l’Égypte, répondait ainsi une passion de nombreux Égyptiens pour la patrie de Molière et de Rousseau.
Ces liens ont survécu à la malheureuse crise de Suez, en 1956, pour prendre la forme d’un partenariat. Aujourd’hui, la France et l’Égypte sont deux partenaires politiques essentiels au Proche-Orient, visant les mêmes objectifs de paix. Ce sont aussi deux partenaires économiques de premier plan, dont les échanges culturels s’appuient toujours sur l’enseignement et l’archéologie. La civilisation pharaonique passionne plus que jamais les Français, qui n’ont jamais été aussi nombreux à visiter la vallée du Nil ou à apprendre à lire les hiéroglyphes.
Les deux peuples ont encore beaucoup à faire pour mieux se connaître et se comprendre. La France prouve qu’elle n’est pas seulement le royaume de la mode et des parfums, tandis que l’Égypte démontre, à tous ceux que son passé fascine légitimement, qu’elle ne s’est pas arrêtée aux Ptolémées… Robert Solé

L’Égypte au Collège de France Membre du comité directeur de l’association France-Égypte, l’égyptologue Nicolas Grimal vient d’être élu au Collège de France pour y occuper la chaire qui avait été spécialement créée pour Champollion en 1831. Il en est le treizième titulaire, après Jean-Antoine Letronne, Charles Lenormant, Emmanuel de Rougé, Gaston Maspero, Alexandre Moret, Pierre Lacau, Pierre Montet, Étienne Drioton, Georges Posener, Jean Leclant et Jean Yoyotte. Cette chaire prestigieuse a désormais pour intitulé « Civilisation pharaonique : archéologie, philologie et histoire ».
Nicolas Grimal, âgé de 51 ans, est agrégé de lettres, docteur en études orientales et docteur d’État. Il a suivi des cours à la Sorbonne et à l’École pratique des hautes études, avant de devenir membre scientifique de l’institut français d’Archéologie orientale (Ifao), au Caire, de 1976 à 1980. Il a été ensuite maître de conférences en égyptologie à l’université Montpellier-III, puis professeur à la Sorbonne. Parallèlement, il a dirigé l’Ifao de 1989 à 1999. On lui doit, entre autres, une Histoire de l’Égypte ancienne (Fayard), qui est un ouvrage de référence.
« L’archéologie, et l’égyptologie plus particulièrement, ont toujours tenu une place particulière dans les relations franco-égyptiennes, affirme-t-il. Non seulement Jean-François Champollion a « inventé » l’égyptologie, mais les Français, sur les traces d’Auguste Mariette, ont fondé la recherche archéologique en Égypte, créant et animant les structures et les institutions auxquelles ils collaborent aujourd’hui aux côtés de leurs collègues égyptiens. L’histoire des deux siècles écoulés témoigne de la force des liens scientifiques et culturels qui lient nos deux pays, dans une communauté du savoir, indépendante des vicissitudes politiques. » Comme ses prédécesseurs, Nicolas Grimal a la responsabilité de la précieuse bibliothèque d’égyptologie du Collège de France. Il dispense des cours, ouverts au public, qui portent sur la cosmographie, c’est-à-dire la géographie du monde vue par les anciens Égyptiens. Quant à ses séminaires, consacrés à l’historiographie, il envisage de les donner au Caire, pour y associer ses collègues égyptiens ainsi que les étudiants en égyptologie de la filière francophone de l’Université du Caire.
« La chaire du Collège de France doit être un lieu de rencontre et de dialogue », explique cet homme souriant, qui sait faire partager ses enthousiasmes avec un sens exceptionnel de la communication. C’est dans le même esprit d’ouverture qu’il collabore à la carte archéologique de l’Égypte, tout en gardant la direction scientifique du centre franco-égyptien de Karnak. Le nouveau professeur du Collège de France va également à la rencontre des amoureux de l’Égypte par le biais d’un site internet, confirmant, si besoin était, qu’antiquité peut rimer avec modernité…

Ce qui existe entre la France et l’Égypte n’est pas seulement une affaire des gouvernements ou des responsables politiques. L’amitié forte, les sentiments, les affinités, cette curiosité réciproque dépassent de loin le cadre des relations officielles et constituent en réalité des liens affectifs entre les Français et les Égyptiens, qui intéressent les deux peuples. Aussi, des Français à Paris, à Limoges, à Marseille et ailleurs se sont réunis pour favoriser ces liens et concrétiser cet intérêt. L’association France-Égypte à cet égard est exemplaire et contribue de manière significative à mieux faire comprendre et aimer l’Égypte ancienne mais aussi l’Égypte moderne. Je tiens à exprimer toute mon appréciation pour ses activités.
Aly Maher El Sayed ambassadeur d’Égypte en France

Un acteur économique de premier plan La France est le troisième fournisseur de l’Égypte, qui est de son côté le premier marché de la France au Proche-Orient. La réussite du salon « France-Expo », organisé au Caire en mai 1999, laisse présager une intensification des échanges commerciaux entre les deux pays.
Cinq banques françaises sont présentes en Égypte, dont trois en sociétés conjointes majoritaires (BNP, Crédit Commercial de France et Société générale). Dans le domaine touristique, le premier groupe étranger est français (Accor).
L’Égypte fait partie de la douzaine de « pays émergents » qui bénéficient de l’aide française pour le financement de projets publics. Si la présence de la France est symbolisée par le métro du Caire, elle s’est affirmée dans d’autres secteurs, comme les télécommunications (avec le premier réseau de téléphone portable GSM et le satellite Nilesat). Les deux tiers des besoins en eau potable des habitants du Caire sont fournis par une société française.
Dans l’industrie, la présence française est diversifiée, allant de l’automobile à l’agro-alimentaire, en passant par l’équipement domestique et les matériaux de construction. L’investissement le plus important de ces dernières années a été le rachat par le groupe Lafarge de la cimenterie de Beni Souef. Pour sa part, EDF s’est vu attribuer la construction et la gestion des centrales thermiques de Suez et de Port-Saïd.
Les forces armées égyptiennes sont dotées de nombreux équipements français, comme les avions Mirage et Alphajet, les hélicoptères Gazelle et les missiles sol-air Crotale.
Les écoles, vivier de la francophonie Le réseau des « écoles de langue » reste le vivier de la francophonie égyptienne, le socle sur lequel s’appuient les programmes de coopération. Dans ces établissements, qui sont tenus pour la plupart par des religieux catholiques, les matières scientifiques sont enseignées en français. Réputées pour leur sérieux et la qualité de leur enseignement, ces écoles ex-françaises figurent toujours parmi les meilleures du pays.
Le Centre de Culture et de Coopération (CCC) assure la mise en œuvre et le suivi de la coopération culturelle, scientifique et technique. Treize mille personnes sont inscrites aux cours de langue française qu’il dispense dans ses centres de Mounira, au Caire, d’Héliopolis et d’Alexandrie. Le Centre propose aussi des cours intensifs d’arabe pour un public français ou étranger. Son département de traduction et d’édition cherche à faire connaître des auteurs français au public de langue arabe et des auteurs égyptiens au public français.
Une université très attendue À l’université, cinq filières universitaires francophones permettent aux étudiants égyptiens de suivre des études supérieures en droit, gestion et commerce international, économie et sciences politiques, journalisme et égyptologie.
Des hommes d’affaires égyptiens ont proposé de franchir un pas supplémentaire en créant une université privée de langue française, sur le modèle de l’Université américaine du Caire. Le projet a reçu le feu vert des autorités, qui ont proposé un terrain d’une quarantaine d’hectares, situé à El Shorouk (environ 30 km du centre du Caire), sur la route d’Ismaïlia. La France s’est engagée à apporter un appui pédagogique à cette institution.
L’université française d’Égypte devrait offrir un débouché naturel aux élèves des « écoles de langue » françaises. Elle les encouragerait à mieux connaître le français, parallèlement à l’arabe et à l’anglais, faisant d’eux de parfaits trilingues. Enfin, tout en favorisant le transfert des sciences et des technologies françaises, elle inciterait davantage encore les entreprises françaises à investir en Égypte.
Dans les kiosques À la veille de la seconde guerre mondiale, l’Égypte comptait des dizaines de journaux et de revues en langue française. Cette presse de qualité s’est réduite au fil des années. Il ne subsiste aujourd’hui qu’un seul quotidien, Le Progrès égyptien, de faible tirage, mais une nouvelle publication, Al Ahram Hebdo, a fait son apparition en 1994, à l’initiative du groupe Al Ahram. Cet hebdomadaire richement illustré donne chaque semaine une image vivante et instructive de la vie en Égypte.

Les archéologues ont la chance de pouvoir compter au Caire sur une institution solide et prestigieuse, fondée en 1880 : l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao), dont le premier directeur fut Gaston Maspero. Installé au palais Mounira, l’Institut accueille des membres scientifiques, missionnaires et boursiers, tout en associant à ses travaux des chercheurs et universitaires égyptiens. L’Ifao dirige ou soutient de multiples recherches sur tout le territoire égyptien, et fournit aussi l’encadrement institutionnel et l’aide technique à d’autres fouilles françaises en Égypte. Il compte un laboratoire de restauration et une imprimerie. Le champ d’activités de l’Institut s’étend cependant à toutes les civilisations qui se sont succédé sur le sol égyptien, de la préhistoire à la période arabo-islamique. Sa bibliothèque — spécialisée dans les domaines de l’égyptologie, de la papyrologie, des études classiques, byzantines, coptes et arabes — compte plus de 70 000 volumes et plus de 700 périodiques.
La France est présente aussi sur de nombreux sites archéologiques majeurs en Égypte : Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak, Institut d’égyptologie thébaine, Centre d’études alexandrines, fouilles de Tanis, de Tell el-Herr au Nord-Sinaï et quatre chantiers à Saqqara : Bubasteion, Djozer, Louvre, Pepi Ier. Mentionnons aussi la restauration de demeures islamiques au Caire.

Les chercheurs du Cedej

Créé en 1969 par le ministère français des affaires étrangères, le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) est un laboratoire de recherche pluridisciplinaire dont les travaux portent sur l’Égypte et le Soudan contemporains. Il compte une vingtaine de chercheurs, égyptiens et français pour la plupart, et accueille des doctorants de diverses nationalités. Sa bibliothèque réunit quelque 25 000 ouvrages, ainsi que 250 périodiques scientifiques.
Le Cedej édite deux revues semestrielles, l’une en français, Égypte-Monde arabe, l’autre en arabe, ainsi qu’une lettre d’information principalement consacrée aux études urbaines.

Au Louvre Peu de musées comptent autant de visiteurs que le département des Antiquités égyptiennes du Louvre. Quelque cinq mille pièces y sont exposées, illustrant les civilisations qui se sont succédé sur les bords du Nil, de l’époque de Nagada, vers — 4000 ans, jusqu’au IXe siècle de l’ère chrétienne.
Depuis le réaménagement des salles, en 1977, une approche thématique s’ajoute à la présentation chronologique, pour mettre en valeur tous les aspects de la vie quotidienne. Des scénographies audacieuses ont été choisies, comme l’alignement de sarcophages en position verticale.
C’est en 1826 que Jean-François Champollion a ouvert au Louvre une section consacrée à l’Égypte ancienne, en faisant acheter les collections des consuls d’Angleterre et de France en Égypte. Le département devait bénéficier par la suite de dons, de l’acquisition de diverses collections, ainsi que d’une partie des objets trouvés au cours de fouilles, notamment celles d’Auguste Mariette à Saqqara.
Parmi les pièces les plus célèbres du Louvre : la statue du Scribe accroupi, le zodiaque de Dendéra, le grand Sphinx de Tanis en granit rose, la statue de la reine Karomama en bronze incrusté d’or ou le buste colossal d’Akénaton, offert par l’Égypte à la France pour sa participation au sauvetage des monuments de Nubie. La section copte compte, entre autres, une partie de la nef de l’église de Baouit en Moyenne-Égypte.
Les autres musées Bien d’autres musées en France possèdent des collections égyptiennes. Citons le musée des Beaux-arts de Lyon et le musée d’Archéologie méditerranéenne de Marseille, mais aussi ceux d’Angers, Nantes, Strasbourg, Toulouse, Tours… Égyptomanie, égyptophilie L’égyptomanie est l’utilisation de formes, de motifs et de symboles égyptiens, détournés de leur vocation première ou mis au goôt du jour. La Révolution française était égyptomaniaque, elle qui faisait construire, pour ses fêtes, des pyramides ou obélisques de carton-pâte.
L’Expédition de Bonaparte a relancé l’égyptomanie, sous toutes ses formes, comme le feront ensuite les grandes découvertes archéologiques. Et, en 1836, c’est au cœur de Paris, place de la Concorde, qu’a été érigé l’un des obélisques de Louxor, offert à la France par Mohamed Ali.
Aujourd’hui, il faudrait plutôt parler d’égyptophilie ou de fascination pour le pays des pharaons. Elle commence dès la classe de sixième avec une première initiation aux civilisations anciennes ; observons, devant les vitrines du Louvre, les groupes d’écoliers et lycéens écouter les explications d’une conférencière, les yeux agrandis d’attention, puis poser des questions déjà fort pertinentes sur les hommes d’autrefois, leurs métiers, leurs rois, leurs dieux, leurs croyances… Les grandes expositions présentées dans les musées parisiens : Toutankhamon, Ramsès II, l’Or de Tanis, Égyptomania, Aménophis III, Alexandrie, l’Art de l’Ancien Empire, Portraits de l’Égypte romaine, ainsi que Égypte-Égyptes et l’Égypte copte à l’Institut du Monde Arabe, ont attiré un public considérable. Sans parler du succès des expositions consacrées ces dernières années à divers aspects de l’art et de l’histoire de l’Égypte, à Agde, Amiens, Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Marseille, Roanne, Rouen, Valenciennes ! Les amateurs désirant approfondir tous les aspects de l’Égypte ancienne – écriture hiéroglyphique, littérature, histoire, institutions, monuments — n’ont jamais été aussi nombreux : témoin le succès de l’Institut Khéops, qui dispense aussi des cours d’arabe dialectal égyptien de différents niveaux.
L’Égypte occupe une place primordiale dans l’édition d’art et, dans le domaine romanesque, elle sert de cadre à de nombreux best-sellers.
L’attribution, en 1988, du prix Nobel de littérature à Naguib Mahfouz, dont une dizaine d’ouvrages ont été traduits en français, a permis en outre à nos compatriotes de découvrir les richesses culturelles de l’Égypte d’aujourd’hui.
 
     
  l'association franceegypte est a la fois une dame respectable, nee en 1936, et une jeune personne qui cherche sa voie. disons d'emblee que, parmi toutes les associations qui lient la france a des pays amis, la notre se nourrit d'elle-meme, tant sont repandus chez nous l'amour et la curiosite du pays du nil. disons aussi qu'a la difference d'autres organismes qui s'interessent a l'egypte, sa vocation est generale: elle a pour but de concourir au rapprochement entre nos deux peuples et de couvrir tous les aspects de l'histoire et de la civilisation.
la naissance de franceegypte est due a d'eminentes personnalites francaises et egyptiennes qui avaient vecu des deux cotes de la mediterranee et souhaitaient diffuser aupres d'un large public francais leur connaissance des multiples realites egyptiennes.
les conferences organisees ces derniers mois par franceegypte temoignent de cette diversite: les sujets, traites par les meilleurs specialistes, se partagent entre les infinies decouvertes de l'egyptologie et des aspects peu connus de l'egypte moderne et contemporaine.
notre association reunit un grand nombre d'admirateurs de la civilisation egyptienne, de personnes ayant vecu ou en tout cas voyage en egypte, d'amateurs eclaires de l'histoire et de l'art. nous voudrions l'elargir a ceux qui n'ont pas encore eu le plaisir de connaitre personnellement ce merveilleux pays, ou, l'ayant visite, souhaitent approfondir leurs connaissances.
venez nous rejoindre! philippe cuvillier ambassadeur de france president de franceegypte

de la passion au partenariat les francais ne sont pas les seuls a etre attires, et souvent fascines, par l'egypte. ils ont cependant donne a cette passion, depuis plus de deux siecles, des formes tres concretes: c'est une passion incarnee, consommee en quelque sorte.
apres avoir cede a une tres vieille tentation - occuper le pays des pharaons, avec bonaparte - la france s'est placee sur un autre registre, celui de l'exploration, de la recherche et de la culture. si la publication de la description de l'egypte a ete un evenement scientifique au debut du dix-neuvieme siecle, que dire du dechiffrement des hieroglyphes par jean-francois champollion? dans la foulee, auguste mariette a mis en place le service des antiquites egyptiennes et fonde le musee du caire, alors que d'autres francais avaient activement participe a la naissance du nouvel etat egyptien sous le regne de mohamed ali: le colonel seve (soliman pacha), le docteur clot (clot bey), les ingenieurs pascal coste, linant de bellefonds ou charles lambert… quant au canal de suez, il n'aurait pas vu le jour sans la determination de ferdinand de lesseps, qui a su convaincre said pacha, vice-roi d'egypte, de changer la carte du monde en reliant la mer rouge a la mediterranee.
c'est dans le domaine de l'enseignement que la france a ete la plus ambitieuse, cherchant a diffuser sa langue et sa culture dans un pays arabe, occupe par les anglais a partir de 1882. les etablissements catholiques, puis ceux de la mission laique francaise, se sont affirmes comme les meilleurs d'egypte, pour former des eleves de toutes les confessions religieuses. une francophonie florissante a vu le jour dans la vallee du nil, avec de nombreux journaux et une abondante production litteraire. a la passion des francais pour l'egypte, repondait ainsi une passion de nombreux egyptiens pour la patrie de moliere et de rousseau.
ces liens ont survecu a la malheureuse crise de suez, en 1956, pour prendre la forme d'un partenariat. aujourd'hui, la france et l'egypte sont deux partenaires politiques essentiels au proche-orient, visant les memes objectifs de paix. ce sont aussi deux partenaires economiques de premier plan, dont les echanges culturels s'appuient toujours sur l'enseignement et l'archeologie. la civilisation pharaonique passionne plus que jamais les francais, qui n'ont jamais ete aussi nombreux a visiter la vallee du nil ou a apprendre a lire les hieroglyphes.
les deux peuples ont encore beaucoup a faire pour mieux se connaitre et se comprendre. la france prouve qu'elle n'est pas seulement le royaume de la mode et des parfums, tandis que l'egypte demontre, a tous ceux que son passe fascine legitimement, qu'elle ne s'est pas arretee aux ptolemees… robert sole

l'egypte au college de france membre du comite directeur de l'association franceegypte, l'egyptologue nicolas grimal vient d'etre elu au college de france pour y occuper la chaire qui avait ete specialement creee pour champollion en 1831. il en est le treizieme titulaire, apres jean-antoine letronne, charles lenormant, emmanuel de rouge, gaston maspero, alexandre moret, pierre lacau, pierre montet, etienne drioton, georges posener, jean leclant et jean yoyotte. cette chaire prestigieuse a desormais pour intitule "civilisation pharaonique: archeologie, philologie et histoire".
nicolas grimal, age de 51 ans, est agrege de lettres, docteur en etudes orientales et docteur d'etat. il a suivi des cours a la sorbonne et a l'ecole pratique des hautes etudes, avant de devenir membre scientifique de l'institut francais d'archeologie orientale (ifao), au caire, de 1976 a 1980. il a ete ensuite maitre de conferences en egyptologie a l'universite montpellier-iii, puis professeur a la sorbonne. parallelement, il a dirige l'ifao de 1989 a 1999. on lui doit, entre autres, une histoire de l'egypte ancienne (fayard), qui est un ouvrage de reference.
"l'archeologie, et l'egyptologie plus particulierement, ont toujours tenu une place particuliere dans les relations franco-egyptiennes, affirme-t-il. non seulement jean-francois champollion a "invente" l'egyptologie, mais les francais, sur les traces d'auguste mariette, ont fonde la recherche archeologique en egypte, creant et animant les structures et les institutions auxquelles ils collaborent aujourd'hui aux cotes de leurs collegues egyptiens. l'histoire des deux siecles ecoules temoigne de la force des liens scientifiques et culturels qui lient nos deux pays, dans une communaute du savoir, independante des vicissitudes politiques." comme ses predecesseurs, nicolas grimal a la responsabilite de la precieuse bibliotheque d'egyptologie du college de france. il dispense des cours, ouverts au public, qui portent sur la cosmographie, c'est-a-dire la geographie du monde vue par les anciens egyptiens. quant a ses seminaires, consacres a l'historiographie, il envisage de les donner au caire, pour y associer ses collegues egyptiens ainsi que les etudiants en egyptologie de la filiere francophone de l'universite du caire.
"la chaire du college de france doit etre un lieu de rencontre et de dialogue", explique cet homme souriant, qui sait faire partager ses enthousiasmes avec un sens exceptionnel de la communication. c'est dans le meme esprit d'ouverture qu'il collabore a la carte archeologique de l'egypte, tout en gardant la direction scientifique du centre franco-egyptien de karnak. le nouveau professeur du college de france va egalement a la rencontre des amoureux de l'egypte par le biais d'un site internet, confirmant, si besoin etait, qu'antiquite peut rimer avec modernite…

ce qui existe entre la france et l'egypte n'est pas seulement une affaire des gouvernements ou des responsables politiques. l'amitie forte, les sentiments, les affinites, cette curiosite reciproque depassent de loin le cadre des relations officielles et constituent en realite des liens affectifs entre les francais et les egyptiens, qui interessent les deux peuples. aussi, des francais a paris, a limoges, a marseille et ailleurs se sont reunis pour favoriser ces liens et concretiser cet interet. l'association franceegypte a cet egard est exemplaire et contribue de maniere significative a mieux faire comprendre et aimer l'egypte ancienne mais aussi l'egypte moderne. je tiens a exprimer toute mon appreciation pour ses activites.
aly maher el sayed ambassadeur d'egypte en france

un acteur economique de premier plan la france est le troisieme fournisseur de l'egypte, qui est de son cote le premier marche de la france au proche-orient. la reussite du salon "france-expo", organise au caire en mai 1999, laisse presager une intensification des echanges commerciaux entre les deux pays.
cinq banques francaises sont presentes en egypte, dont trois en societes conjointes majoritaires (bnp, credit commercial de france et societe generale). dans le domaine touristique, le premier groupe etranger est francais (accor).
l'egypte fait partie de la douzaine de "pays emergents" qui beneficient de l'aide francaise pour le financement de projets publics. si la presence de la france est symbolisee par le metro du caire, elle s'est affirmee dans d'autres secteurs, comme les telecommunications (avec le premier reseau de telephone portable gsm et le satellite nilesat). les deux tiers des besoins en eau potable des habitants du caire sont fournis par une societe francaise.
dans l'industrie, la presence francaise est diversifiee, allant de l'automobile a l'agro-alimentaire, en passant par l'equipement domestique et les materiaux de construction. l'investissement le plus important de ces dernieres annees a ete le rachat par le groupe lafarge de la cimenterie de beni souef. pour sa part, edf s'est vu attribuer la construction et la gestion des centrales thermiques de suez et de port-said.
les forces armees egyptiennes sont dotees de nombreux equipements francais, comme les avions mirage et alphajet, les helicopteres gazelle et les missiles sol-air crotale.
les ecoles, vivier de la francophonie le reseau des "ecoles de langue" reste le vivier de la francophonie egyptienne, le socle sur lequel s'appuient les programmes de cooperation. dans ces etablissements, qui sont tenus pour la plupart par des religieux catholiques, les matieres scientifiques sont enseignees en francais. reputees pour leur serieux et la qualite de leur enseignement, ces ecoles ex-francaises figurent toujours parmi les meilleures du pays.
le centre de culture et de cooperation (ccc) assure la mise en oeuvre et le suivi de la cooperation culturelle, scientifique et technique. treize mille personnes sont inscrites aux cours de langue francaise qu'il dispense dans ses centres de mounira, au caire, d'heliopolis et d'alexandrie. le centre propose aussi des cours intensifs d'arabe pour un public francais ou etranger. son departement de traduction et d'edition cherche a faire connaitre des auteurs francais au public de langue arabe et des auteurs egyptiens au public francais.
une universite tres attendue a l'universite, cinq filieres universitaires francophones permettent aux etudiants egyptiens de suivre des etudes superieures en droit, gestion et commerce international, economie et sciences politiques, journalisme et egyptologie.
des hommes d'affaires egyptiens ont propose de franchir un pas supplementaire en creant une universite privee de langue francaise, sur le modele de l'universite americaine du caire. le projet a recu le feu vert des autorites, qui ont propose un terrain d'une quarantaine d'hectares, situe a el shorouk (environ 30 km du centre du caire), sur la route d'ismailia. la france s'est engagee a apporter un appui pedagogique a cette institution.
l'universite francaise d'egypte devrait offrir un debouche naturel aux eleves des "ecoles de langue" francaises. elle les encouragerait a mieux connaitre le francais, parallelement a l'arabe et a l'anglais, faisant d'eux de parfaits trilingues. enfin, tout en favorisant le transfert des sciences et des technologies francaises, elle inciterait davantage encore les entreprises francaises a investir en egypte.
dans les kiosques a la veille de la seconde guerre mondiale, l'egypte comptait des dizaines de journaux et de revues en langue francaise. cette presse de qualite s'est reduite au fil des annees. il ne subsiste aujourd'hui qu'un seul quotidien, le progres egyptien, de faible tirage, mais une nouvelle publication, al ahram hebdo, a fait son apparition en 1994, a l'initiative du groupe al ahram. cet hebdomadaire richement illustre donne chaque semaine une image vivante et instructive de la vie en egypte.

les archeologues ont la chance de pouvoir compter au caire sur une institution solide et prestigieuse, fondee en 1880: l'institut francais d'archeologie orientale (ifao), dont le premier directeur fut gaston maspero. installe au palais mounira, l'institut accueille des membres scientifiques, missionnaires et boursiers, tout en associant a ses travaux des chercheurs et universitaires egyptiens. l'ifao dirige ou soutient de multiples recherches sur tout le territoire egyptien, et fournit aussi l'encadrement institutionnel et l'aide technique a d'autres fouilles francaises en egypte. il compte un laboratoire de restauration et une imprimerie. le champ d'activites de l'institut s'etend cependant a toutes les civilisations qui se sont succede sur le sol egyptien, de la prehistoire a la periode arabo-islamique. sa bibliotheque - specialisee dans les domaines de l'egyptologie, de la papyrologie, des etudes classiques, byzantines, coptes et arabes - compte plus de 70 000 volumes et plus de 700 periodiques.
la france est presente aussi sur de nombreux sites archeologiques majeurs en egypte: centre franco-egyptien d'etude des temples de karnak, institut d'egyptologie thebaine, centre d'etudes alexandrines, fouilles de tanis, de tell el-herr au nord-sinai et quatre chantiers a saqqara: bubasteion, djozer, louvre, pepi ier. mentionnons aussi la restauration de demeures islamiques au caire.

les chercheurs du cedej

cree en 1969 par le ministere francais des affaires etrangeres, le centre d'etudes et de documentation economiques, juridiques et sociales (cedej) est un laboratoire de recherche pluridisciplinaire dont les travaux portent sur l'egypte et le soudan contemporains. il compte une vingtaine de chercheurs, egyptiens et francais pour la plupart, et accueille des doctorants de diverses nationalites. sa bibliotheque reunit quelque 25 000 ouvrages, ainsi que 250 periodiques scientifiques.
le cedej edite deux revues semestrielles, l'une en francais, egypte-monde arabe, l'autre en arabe, ainsi qu'une lettre d'information principalement consacree aux etudes urbaines.

au louvre peu de musees comptent autant de visiteurs que le departement des antiquites egyptiennes du louvre. quelque cinq mille pieces y sont exposees, illustrant les civilisations qui se sont succede sur les bords du nil, de l'epoque de nagada, vers - 4000 ans, jusqu'au ixe siecle de l'ere chretienne.
depuis le reamenagement des salles, en 1977, une approche thematique s'ajoute a la presentation chronologique, pour mettre en valeur tous les aspects de la vie quotidienne. des scenographies audacieuses ont ete choisies, comme l'alignement de sarcophages en position verticale.
c'est en 1826 que jean-francois champollion a ouvert au louvre une section consacree a l'egypte ancienne, en faisant acheter les collections des consuls d'angleterre et de france en egypte. le departement devait beneficier par la suite de dons, de l'acquisition de diverses collections, ainsi que d'une partie des objets trouves au cours de fouilles, notamment celles d'auguste mariette a saqqara.
parmi les pieces les plus celebres du louvre: la statue du scribe accroupi, le zodiaque de dendera, le grand sphinx de tanis en granit rose, la statue de la reine karomama en bronze incruste d'or ou le buste colossal d'akenaton, offert par l'egypte a la france pour sa participation au sauvetage des monuments de nubie. la section copte compte, entre autres, une partie de la nef de l'eglise de baouit en moyenne-egypte.
les autres musees bien d'autres musees en france possedent des collections egyptiennes. citons le musee des beaux-arts de lyon et le musee d'archeologie mediterraneenne de marseille, mais aussi ceux d'angers, nantes, strasbourg, toulouse, tours… egyptomanie, egyptophilie l'egyptomanie est l'utilisation de formes, de motifs et de symboles egyptiens, detournes de leur vocation premiere ou mis au gout du jour. la revolution francaise etait egyptomaniaque, elle qui faisait construire, pour ses fetes, des pyramides ou obelisques de carton-pate.
l'expedition de bonaparte a relance l'egyptomanie, sous toutes ses formes, comme le feront ensuite les grandes decouvertes archeologiques. et, en 1836, c'est au coeur de paris, place de la concorde, qu'a ete erige l'un des obelisques de louxor, offert a la france par mohamed ali.
aujourd'hui, il faudrait plutot parler d'egyptophilie ou de fascination pour le pays des pharaons. elle commence des la classe de sixieme avec une premiere initiation aux civilisations anciennes; observons, devant les vitrines du louvre, les groupes d'ecoliers et lyceens ecouter les explications d'une conferenciere, les yeux agrandis d'attention, puis poser des questions deja fort pertinentes sur les hommes d'autrefois, leurs metiers, leurs rois, leurs dieux, leurs croyances… les grandes expositions presentees dans les musees parisiens: toutankhamon, ramses ii, l'or de tanis, egyptomania, amenophis iii, alexandrie, l'art de l'ancien empire, portraits de l'egypte romaine, ainsi que egypte-egyptes et l'egypte copte a l'institut du monde arabe, ont attire un public considerable. sans parler du succes des expositions consacrees ces dernieres annees a divers aspects de l'art et de l'histoire de l'egypte, a agde, amiens, bordeaux, dijon, lille, lyon, marseille, roanne, rouen, valenciennes! les amateurs desirant approfondir tous les aspects de l'egypte ancienne – ecriture hieroglyphique, litterature, histoire, institutions, monuments - n'ont jamais ete aussi nombreux: temoin le succes de l'institut kheops, qui dispense aussi des cours d'arabe dialectal egyptien de differents niveaux.
l'egypte occupe une place primordiale dans l'edition d'art et, dans le domaine romanesque, elle sert de cadre a de nombreux best-sellers.
l'attribution, en 1988, du prix nobel de litterature a naguib mahfouz, dont une dizaine d'ouvrages ont ete traduits en francais, a permis en outre a nos compatriotes de decouvrir les richesses culturelles de l'egypte d'aujourd'hui.