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| Les artistes de Pharaon Deir el-Medineh et la
vallée des Rois Exposition au musée du Louvre, 15 avril-22 juillet 2002, prolongée jusquau 5 aoôt 2002. Commissaire de lexposition Guillemette Andreu, ancien membre scientifique de linstitut français dArchéologie orientale du Caire, conservateur au département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre. Lexposition du musée du Louvre réunit plus de 150 objets qui illustrent la vie des ouvriers et artisans de Deir el-Medineh, responsables de la construction et de la décoration des tombes royales de la vallée des Rois et de la vallée des Reines. Le village de Deir el-Medineh se situe sur la rive ouest du Nil, en face de Thèbes (actuellement la ville moderne de Louqsor), dans une petite vallée au sud de la vallée des Rois. Ce village, que lon appelait à lépoque Set-Maât, la place de Maât, fut occupé pendant tout le Nouvel Empire (de 1550 à 1069 avant J.-C.) : il fut fondé par Thoutmosis ier, au début de la xviiie dynastie, et a été abandonné à la fin de la xxe dynastie, sous Ramsès xi. Lexposition souvre sur la présentation des fouilles de linstitut français dArchéologie orientale du Caire qui obtint la concession de Deir el-Medineh en 1917 et confia le chantier à Bernard Bruyère en 1922. Le visiteur est accueilli par une tente darchéologue qui évoque la vie quotidienne dun fouilleur dans les années 1930. Des photographies anciennes agrémentent aussi cette introduction : elles présentent les premiers archéologues qui ont travaillé sur le site et permettent de nous rendre compte comment létat de Deir el-Medineh avant les fouilles. Les travaux de terrain ont ainsi révélé un village, enceint dun mur de briques crues, long de 131 mètres et large de 50 mètres, et composé denviron 70 maisons. Vivre, créer, croire et mourir La visite se poursuit autour de quatre grands thèmes : vivre, créer, croire et mourir. La section « vivre » est de loin la plus développée. Le visiteur est accueilli par la maquette dune maison-type de Deir el-Medineh. Des éléments darchitecture, le mobilier domestique et des objets de toilette évoquent la vie quotidienne. Lalimentation est illustrée par des ostraca éclats de calcaire et tessons de poterie inscrits et par les offrandes trouvées dans les tombes de la nécropole de Deir el-Medineh. On est très étonné par lexcellent état de conservation des objets tels que les vanneries, les chevets et les sièges en bois, les vêtements de lin, dô aux conditions particulièrement sèches du désert environnant. Il est aussi à remarquer quune place importante est consacrée à la médecine et la magie au travers des ostraca et de papyrus hiératiques. La section « créer » est consacrée aux artisans et ouvriers qui travaillaient au creusement, à la construction et à la décoration des tombes royales. Fonctionnaires de lÉtat, les hommes de Deir el-Medineh sont de simples carriers, des tailleurs de pierre, des manuvres et des maçons, mais aussi des dessinateurs, des peintres, des graveurs, des sculpteurs, des charpentiers et des menuisiers. Ces différentes fonctions correspondaient à chaque étape de la construction et la décoration des tombes. Le travail dans la tombe est évoqué non seulement par les outils maillets, fils à plomb, polissoirs, ciseaux… quutilisaient les ouvriers, mais aussi par les ostraca et les papyrus inscrits dont le fameux papyrus « de la grève » mentionnant des grèves survenues en lan 29 du règne de Ramsès iii. Les ostraca figurés ont été utilisés comme brouillons pour des essais, des croquis, des esquisses à la préparation de la décoration finale. Les lieux de culte se situaient au nord du village de Deir el-Medineh. Certains sanctuaires étaient dédiés aux divinités, dautres étaient destinés aux cultes de rois divinisés, notamment Amenhotep Ier, Séthi ier, Thoutmosis iii et Ramsès ii, sans oublier la grande épouse royale Ahmès Néfertari, mère dAmenhotep ier, qui fut lobjet dun culte de la part des habitants de Deir el-Medineh. Dans la section « croire » de lexposition, à côté des « grands » dieux du panthéon égyptien Ptah, Maât, Amon, Hathor des divinités locales comme la déesse-serpent Méresger sont présentes. De nombreux ex-voto, des statuettes, des stèles mettent en lumière les formes nombreuses et variées de la piété personnelle des habitants de Deir el-Medineh. La dernière section « mourir » évoque le monde funéraire des habitants de Deir el-Medineh. Quelques fonctionnaires importants, chefs déquipe et maîtres duvre avaient reçu lautorisation de construire leur propre tombe. Celle-ci se compose généralement dune chapelle et dun puits conduisant au caveau funéraire. La chapelle funéraire est surmontée dun pyramidion. Les parois de la tombe sont décorées de thèmes évoquant le culte funéraire et lau-delà. Un mobilier important un mobilier important composé de vases canopes, de statuettes, doushebtis, mais aussi dobjets utilisés durant la vie (objets de toilette, céramiques, vêtements…). Lexposition se termine par la réplique grandeur nature de la tombe de Sennedjem (tt 1), fonctionnaire de la nécropole royale de la vallée des Rois sous Ramsès ii. Cette tombe fut découverte intacte en 1885 et a livré un important matériel funéraire. Des artistes brésiliens en ont réalisé la réplique, en 2001, pour la Fundação Armando Alvares Penteado (Faap) de São Paulo. Cette reconstruction permet au public dappréhender ce quétait la demeure déternité des habitants de Deir el-Medineh à lépoque ramesside. Lexposition est très riche et présente quantité dobjets conservés habituellement dans les réserves du musée du Louvre ou qui ont été prêtés par les musées européens ; en revanche, aucun objet ne vient du musée égyptien du Caire. Le visiteur suit sans effort un parcours fluide qui réunit quatre grands thèmes. Chaque thème met en exergue des objets du quotidien égyptien rendus extraordinaires par la qualité de la scénographie. Nous notons leffort particulier du commissaire de lexposition Guillemette Andreu qui a su proposer une visite inhabituelle et didactique. Aminata Sackho-Autissier |
| les artistes de pharaon deir el-medineh et la
vallee des rois exposition au musee du louvre, 15 avril-22 juillet 2002, prolongee jusqu'au 5 aout 2002. commissaire de l'exposition guillemette andreu, ancien membre scientifique de l'institut francais d'archeologie orientale du caire, conservateur au departement des antiquites egyptiennes du musee du louvre. l'exposition du musee du louvre reunit plus de 150 objets qui illustrent la vie des ouvriers et artisans de deir el-medineh, responsables de la construction et de la decoration des tombes royales de la vallee des rois et de la vallee des reines. le village de deir el-medineh se situe sur la rive ouest du nil, en face de thebes (actuellement la ville moderne de louqsor), dans une petite vallee au sud de la vallee des rois. ce village, que l'on appelait a l'epoque set-maat, la place de maat, fut occupe pendant tout le nouvel empire (de 1550 a 1069 avant j.-c.): il fut fonde par thoutmosis ier, au debut de la xviiie dynastie, et a ete abandonne a la fin de la xxe dynastie, sous ramses xi. l'exposition s'ouvre sur la presentation des fouilles de l'institut francais d'archeologie orientale du caire qui obtint la concession de deir el-medineh en 1917 et confia le chantier a bernard bruyere en 1922. le visiteur est accueilli par une tente d'archeologue qui evoque la vie quotidienne d'un fouilleur dans les annees 1930. des photographies anciennes agrementent aussi cette introduction: elles presentent les premiers archeologues qui ont travaille sur le site et permettent de nous rendre compte comment l'etat de deir el-medineh avant les fouilles. les travaux de terrain ont ainsi revele un village, enceint d'un mur de briques crues, long de 131 metres et large de 50 metres, et compose d'environ 70 maisons. vivre, creer, croire et mourir la visite se poursuit autour de quatre grands themes: vivre, creer, croire et mourir. la section "vivre" est de loin la plus developpee. le visiteur est accueilli par la maquette d'une maison-type de deir el-medineh. des elements d'architecture, le mobilier domestique et des objets de toilette evoquent la vie quotidienne. l'alimentation est illustree par des ostraca - eclats de calcaire et tessons de poterie - inscrits et par les offrandes trouvees dans les tombes de la necropole de deir el-medineh. on est tres etonne par l'excellent etat de conservation des objets tels que les vanneries, les chevets et les sieges en bois, les vetements de lin, du aux conditions particulierement seches du desert environnant. il est aussi a remarquer qu'une place importante est consacree a la medecine et la magie au travers des ostraca et de papyrus hieratiques. la section "creer" est consacree aux artisans et ouvriers qui travaillaient au creusement, a la construction et a la decoration des tombes royales. fonctionnaires de l'etat, les hommes de deir el-medineh sont de simples carriers, des tailleurs de pierre, des manoeuvres et des macons, mais aussi des dessinateurs, des peintres, des graveurs, des sculpteurs, des charpentiers et des menuisiers. ces differentes fonctions correspondaient a chaque etape de la construction et la decoration des tombes. le travail dans la tombe est evoque non seulement par les outils - maillets, fils a plomb, polissoirs, ciseaux… - qu'utilisaient les ouvriers, mais aussi par les ostraca et les papyrus inscrits dont le fameux papyrus "de la greve" mentionnant des greves survenues en l'an 29 du regne de ramses iii. les ostraca figures ont ete utilises comme brouillons pour des essais, des croquis, des esquisses a la preparation de la decoration finale. les lieux de culte se situaient au nord du village de deir el-medineh. certains sanctuaires etaient dedies aux divinites, d'autres etaient destines aux cultes de rois divinises, notamment amenhotep ier, sethi ier, thoutmosis iii et ramses ii, sans oublier la grande epouse royale ahmes nefertari, mere d'amenhotep ier, qui fut l'objet d'un culte de la part des habitants de deir el-medineh. dans la section "croire" de l'exposition, a cote des "grands" dieux du pantheon egyptien - ptah, maat, amon, hathor - des divinites locales comme la deesse-serpent meresger sont presentes. de nombreux ex-voto, des statuettes, des steles mettent en lumiere les formes nombreuses et variees de la piete personnelle des habitants de deir el-medineh. la derniere section "mourir" evoque le monde funeraire des habitants de deir el-medineh. quelques fonctionnaires importants, chefs d'equipe et maitres d'oeuvre avaient recu l'autorisation de construire leur propre tombe. celle-ci se compose generalement d'une chapelle et d'un puits conduisant au caveau funeraire. la chapelle funeraire est surmontee d'un pyramidion. les parois de la tombe sont decorees de themes evoquant le culte funeraire et l'au-dela. un mobilier important un mobilier important compose de vases canopes, de statuettes, d'oushebtis, mais aussi d'objets utilises durant la vie (objets de toilette, ceramiques, vetements…). l'exposition se termine par la replique grandeur nature de la tombe de sennedjem (tt 1), fonctionnaire de la necropole royale de la vallee des rois sous ramses ii. cette tombe fut decouverte intacte en 1885 et a livre un important materiel funeraire. des artistes bresiliens en ont realise la replique, en 2001, pour la fundacao armando alvares penteado (faap) de sao paulo. cette reconstruction permet au public d'apprehender ce qu'etait la demeure d'eternite des habitants de deir el-medineh a l'epoque ramesside. l'exposition est tres riche et presente quantite d'objets conserves habituellement dans les reserves du musee du louvre ou qui ont ete pretes par les musees europeens; en revanche, aucun objet ne vient du musee egyptien du caire. le visiteur suit sans effort un parcours fluide qui reunit quatre grands themes. chaque theme met en exergue des objets du quotidien egyptien rendus extraordinaires par la qualite de la scenographie. nous notons l'effort particulier du commissaire de l'exposition guillemette andreu qui a su proposer une visite inhabituelle et didactique. aminata sackho-autissier |