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| http://www.liberation.fr/quotidien/semaine/20010622venj.html Flambée de colère copte en Égypte 70 blessés dans des heurts après la publication dun article diffamatoire. Par Claude Guibal Le vendredi 22 juin 2001 Le Caire de notre correspondante « Il y a trop longtemps que ça dure. Cette fois, on veut la justice ! » Bichoï était devant la cathédrale copte-orthodoxe, mercredi soir au Caire. Il a jeté des pierres, lancé des bouteilles. Avec lui, dix mille autres chrétiens se sont ainsi opposés aux forces de lordre. Un affrontement sans précédent, qui a fait 70 blessés dont une trentaine de policiers. Affaire de murs. À lorigine de la colère des chrétiens dÉgypte, la publication dans la presse à scandale dun article intitulé « Bordel au monastère ». Photos compromettantes à lappui, le journal accuse un moine du couvent de Deir el-Moharraq, près dAssiout, davoir eu des rapports sexuels avec une femme dans lenceinte même du monastère le plus sacré du pays. Le patriarche Chenouda III a immédiatement indiqué que lhomme en question avait été excommunié il y a cinq ans. Une simple affaire de murs donc, mais qui a révélé létat dexaspération dune communauté (1) ordinairement passive et fataliste. Même lors des sanglants affrontements interconfessionnels dAl-Kocheh, en janvier 2000, -21 morts, dont 20 chrétiens -, les coptes avaient peu réagi. Lampleur inhabituelle de la manifestation de mercredi a donc surpris. « On a été silencieux trop longtemps, reprend Bichoï. Une fois de plus, on essaie de nous humilier. Dans les villages, tous les musulmans se moquent des chrétiens. Et personne ne bouge, les autorités laissent faire. » Mercredi, les coptes sétaient rendus en masse à la cathédrale pour entendre leur patriarche réagir avec fermeté. Mais devant le nombre trop important de fidèles, les autorités religieuses ont préféré annuler la réunion. « Ça nous a mis en rage, on a besoin de quelquun pour sopposer avec fermeté et ça doit être Chenouda, car il est lÉglise. » Interdiction. Soucieux de calmer au plus vite la colère de la minorité chrétienne, le pouvoir a temporairement interdit la parution du journal Al-Nabaa. Son rédacteur en chef, Mamdouh Mahran, sera entendu dès dimanche par la justice. Le journaliste est accusé davoir « attenté à la stabilité et lunité du pays, ainsi que davoir publié des photos indécentes ». Normalement, jamais de telles photos ne passent la censure. « Cest un acte délibéré, pour blesser les coptes », assure un fidèle. Verdict léger. Certains affirment que laffaire serait liée à la révision du procès des troubles dAl-Kocheh, le mois prochain. Le verdict léger avait outré la communauté chrétienne. « Cétait un encouragement à tuer les chrétiens, estime Iskandar, un autre manifestant. Maintenant il faut montrer quon ne va plus se laisser faire. Les gens réfléchiront à deux fois avant de nous attaquer. » Un discours loin de la traditionnelle discrétion des coptes. « Mieux vaut ne pas trop faire de vagues », sinquiétait hier un médecin stupéfait de la réaction de ses coreligionnaires. « Nous sommes opprimés, répond un des manifestants. Si on ne répond pas aux provocations, quarrivera-t-il demain ? ». (1) Les coptes représentent entre 5 et 10 millions des 65 millions dÉgyptiens. |
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| http://www.liberation.fr/quotidien/semaine/20010622venj.html flambee de colere copte en egypte 70 blesses dans des heurts apres la publication d'un article diffamatoire. par claude guibal le vendredi 22 juin 2001 le caire de notre correspondante "il y a trop longtemps que ca dure. cette fois, on veut la justice!" bichoi etait devant la cathedrale copte-orthodoxe, mercredi soir au caire. il a jete des pierres, lance des bouteilles. avec lui, dix mille autres chretiens se sont ainsi opposes aux forces de l'ordre. un affrontement sans precedent, qui a fait 70 blesses dont une trentaine de policiers. affaire de moeurs. a l'origine de la colere des chretiens d'egypte, la publication dans la presse a scandale d'un article intitule "bordel au monastere". photos compromettantes a l'appui, le journal accuse un moine du couvent de deir el-moharraq, pres d'assiout, d'avoir eu des rapports sexuels avec une femme dans l'enceinte meme du monastere le plus sacre du pays. le patriarche chenouda iii a immediatement indique que l'homme en question avait ete excommunie il y a cinq ans. une simple affaire de moeurs donc, mais qui a revele l'etat d'exasperation d'une communaute (1) ordinairement passive et fataliste. meme lors des sanglants affrontements interconfessionnels d'al-kocheh, en janvier 2000, -21 morts, dont 20 chretiens -, les coptes avaient peu reagi. l'ampleur inhabituelle de la manifestation de mercredi a donc surpris. "on a ete silencieux trop longtemps, reprend bichoi. une fois de plus, on essaie de nous humilier. dans les villages, tous les musulmans se moquent des chretiens. et personne ne bouge, les autorites laissent faire." mercredi, les coptes s'etaient rendus en masse a la cathedrale pour entendre leur patriarche reagir avec fermete. mais devant le nombre trop important de fideles, les autorites religieuses ont prefere annuler la reunion. "ca nous a mis en rage, on a besoin de quelqu'un pour s'opposer avec fermete et ca doit etre chenouda, car il est l'eglise." interdiction. soucieux de calmer au plus vite la colere de la minorite chretienne, le pouvoir a temporairement interdit la parution du journal al-nabaa. son redacteur en chef, mamdouh mahran, sera entendu des dimanche par la justice. le journaliste est accuse d'avoir "attente a la stabilite et l'unite du pays, ainsi que d'avoir publie des photos indecentes". normalement, jamais de telles photos ne passent la censure. "c'est un acte delibere, pour blesser les coptes", assure un fidele. verdict leger. certains affirment que l'affaire serait liee a la revision du proces des troubles d'al-kocheh, le mois prochain. le verdict leger avait outre la communaute chretienne. "c'etait un encouragement a tuer les chretiens, estime iskandar, un autre manifestant. maintenant il faut montrer qu'on ne va plus se laisser faire. les gens reflechiront a deux fois avant de nous attaquer." un discours loin de la traditionnelle discretion des coptes. "mieux vaut ne pas trop faire de vagues", s'inquietait hier un medecin stupefait de la reaction de ses coreligionnaires. "nous sommes opprimes, repond un des manifestants. si on ne repond pas aux provocations, qu'arrivera-t-il demain?". (1) les coptes representent entre 5 et 10 millions des 65 millions d'egyptiens. |