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| « La Momie 2 » emballe les États-Unis Festival de prouesses visuelles, le film a failli égaler « Mission impossible II » au box-office. par Annette Lévy-Willard le mercredi 23 mai 2001 Los Angeles de notre correspondante La momie se réincarne... Deux ans plus tard, voici donc le « Retour de la Momie », avec le même réalisateur (Stephen Sommers) et les mêmes acteurs principaux (Brendan Frasier, Rachel Weisz) ; simplement, on leur a « fait » un enfant, conçu par le couple d'archéologues pendant l'intervalle entre les deux films. On ressuscite aussi leur terrible ennemi Imhotep (Arnold Vosloo) ainsi que le beau-frère-qui-fait-rire. En revenant surprise dans le rôle de Scorpio King apparaît la star mondiale du catch, The Rock - enfin une partie du lutteur, l'essentiel de son corps musclé étant remplacé par de redoutables pinces de scorpion. Trame identique. S'il faut résumer l'histoire, la tâche est rude et nécessite une forme d'intelligence artificielle : les aventures se déroulent, en principe, en 1933 à Londres et en Égypte (en réalité Maroc, Égypte et Jordanie) avec quelques flash-backs nous ramenant dans l'Égypte ancienne, très précisément en l'an 3067 avant Jésus-Christ quand le Roi Scorpion vend son âme à Anubis pour assurer la victoire de ses armées. En vain, puisqu'il perd la guerre et ne pourra se réveiller que 5 000 ans plus tard. Flash-back aussi sur l'histoire d'amour tragique entre les méchants, Imhotep et sa maîtresse Anck-Su-Namun, qu'on voyait déjà tuer le pharaon dans le premier film. Tout le monde se réincarne à l'identique, les méchants sont toujours méchants, la grimaçante momie d'Imhotep pique toujours les yeux des humains, les scarabées grouillent, Brendan Frasier a toujours l'air agréablement benêt qui l'a rendu célèbre dans George de la Jungle et Rachel Weisz fait de l'archéologie juchée sur des talons aiguilles. La nouveauté du « Retour de la Momie », c'est le luxe des effets spéciaux. La Momie 1 était encore modeste et bouts de ficelle. Sa suite mise cette fois sur la révolution numérique. « La technologie a énormément progressé depuis deux ans », explique John Berton, de la société de George Lucas, Industrial Light & Magic (ILM), qui a fabriqué les effets spéciaux des deux Momies. Berton, à qui on doit déjà les effets spéciaux de « Jurassic Park » et « Men in Black », précise qu'il a exploité les toutes dernières innovations de la transformation et de l'animation digitales. D'où les incroyables poursuites, explosions, batailles pharaoniques, armées de créatures atroces, métamorphoses de momies, vol de dirigeable, mur d'eau et autres prouesses visuelles. Pour un film qui n'est pas un dessin animé, le budget des effets spéciaux a atteint la somme record de 20 millions de dollars (23 millions d'euros). Mais, au fond, ne s'agit-il pas d'un dessin animé ? Les critiques américains parlent de « culture pop-corn » pour désigner les Momies 1 et 2, un type de film familial qui se consomme plutôt avec la bouche qu'avec la tête. Mais cette référence appartient à une autre époque : dans la « Momie », les enfants américains ont surtout su reconnaître le retour de tous les gadgets de leurs jeux vidéo, en plus grands, en plus beaux et en plus drôles. Tradition et « sequel ». Finalement, en dehors de la percée technologique, la « Momie » - remake du film classique de Karl Freund (1932) avec Boris Karloff en momie inimitable - reprend une vieille tradition hollywoodienne d'engouement pour les Égyptiens (antiques) : de « Cléopâtre » (Cecil B. De Mille) au contemporain « Prince d'Égypte » (dessin animé DreamWorks), en passant par les « Dix Commandements », le cinéma américain adore les pharaons et les pyramides. Autre constante hollywoodienne qui semble toujours s'accélérer : le sequel. Si vous avez aimé le premier, vous irez voir le deuxième, le troisième, etc. Alors pourquoi ne pas reprendre le même script et les mêmes acteurs ? L'été 2001 sera donc l'été des sequels avec un « American Pie 2 », un « Scary Movie 2 », un « Jurassic Park 3 »... Il y a trois semaines, le « Retour de la Momie » a fait une entrée fracassante au box-office avec 68,1 millions de dollars (78 millions d'euros) le premier week-end, frôlant le record de « Mission Impossible II ». Il reste en numéro 2 cette semaine (en ayant rapporté 146,5 millions, soit déjà autant que les recettes de la première « Momie » aux États-Unis). « Shrek-le-sympathique-ogre-vert », de l'écurie DreamWorks, vient de doubler cette « Momie » et d'établir un autre record pour un film qui n'est pas un sequel : 42,1 millions de dollars (près de 49 millions d'euros). Autant de bonnes nouvelles pour le studio Universal, propriété de Vivendi, qui a coproduit la « Momie », le retour et distribuera Shrek en dehors des États-Unis. Deux succès commerciaux fondés sur un principe simple : un film pour enfants que les parents voient sans s'endormir. http://www.liberation.fr/cinema/200105/20012305momie2.html | ||
| "la momie 2" emballe les etats-unis festival de prouesses visuelles, le film a failli egaler "mission impossible ii" au box-office. par annette levy-willard le mercredi 23 mai 2001 los angeles de notre correspondante la momie se reincarne... deux ans plus tard, voici donc le "retour de la momie", avec le meme realisateur (stephen sommers) et les memes acteurs principaux (brendan frasier, rachel weisz); simplement, on leur a "fait" un enfant, concu par le couple d'archeologues pendant l'intervalle entre les deux films. on ressuscite aussi leur terrible ennemi imhotep (arnold vosloo) ainsi que le beau-frere-qui-fait-rire. en revenant surprise dans le role de scorpio king apparait la star mondiale du catch, the rock - enfin une partie du lutteur, l'essentiel de son corps muscle etant remplace par de redoutables pinces de scorpion. trame identique. s'il faut resumer l'histoire, la tache est rude et necessite une forme d'intelligence artificielle: les aventures se deroulent, en principe, en 1933 a londres et en egypte (en realite maroc, egypte et jordanie) avec quelques flash-backs nous ramenant dans l'egypte ancienne, tres precisement en l'an 3067 avant jesus-christ quand le roi scorpion vend son ame a anubis pour assurer la victoire de ses armees. en vain, puisqu'il perd la guerre et ne pourra se reveiller que 5 000 ans plus tard. flash-back aussi sur l'histoire d'amour tragique entre les mechants, imhotep et sa maitresse anck-su-namun, qu'on voyait deja tuer le pharaon dans le premier film. tout le monde se reincarne a l'identique, les mechants sont toujours mechants, la grimacante momie d'imhotep pique toujours les yeux des humains, les scarabees grouillent, brendan frasier a toujours l'air agreablement benet qui l'a rendu celebre dans george de la jungle et rachel weisz fait de l'archeologie juchee sur des talons aiguilles. la nouveaute du "retour de la momie", c'est le luxe des effets speciaux. la momie 1 etait encore modeste et bouts de ficelle. sa suite mise cette fois sur la revolution numerique. "la technologie a enormement progresse depuis deux ans", explique john berton, de la societe de george lucas, industrial light & magic (ilm), qui a fabrique les effets speciaux des deux momies. berton, a qui on doit deja les effets speciaux de "jurassic park" et "men in black", precise qu'il a exploite les toutes dernieres innovations de la transformation et de l'animation digitales. d'ou les incroyables poursuites, explosions, batailles pharaoniques, armees de creatures atroces, metamorphoses de momies, vol de dirigeable, mur d'eau et autres prouesses visuelles. pour un film qui n'est pas un dessin anime, le budget des effets speciaux a atteint la somme record de 20 millions de dollars (23 millions d'euros). mais, au fond, ne s'agit-il pas d'un dessin anime? les critiques americains parlent de "culture pop-corn" pour designer les momies 1 et 2, un type de film familial qui se consomme plutot avec la bouche qu'avec la tete. mais cette reference appartient a une autre epoque: dans la "momie", les enfants americains ont surtout su reconnaitre le retour de tous les gadgets de leurs jeux video, en plus grands, en plus beaux et en plus droles. tradition et "sequel". finalement, en dehors de la percee technologique, la "momie" - remake du film classique de karl freund (1932) avec boris karloff en momie inimitable - reprend une vieille tradition hollywoodienne d'engouement pour les egyptiens (antiques): de "cleopatre" (cecil b. de mille) au contemporain "prince d'egypte" (dessin anime dreamworks), en passant par les "dix commandements", le cinema americain adore les pharaons et les pyramides. autre constante hollywoodienne qui semble toujours s'accelerer: le sequel. si vous avez aime le premier, vous irez voir le deuxieme, le troisieme, etc. alors pourquoi ne pas reprendre le meme script et les memes acteurs? l'ete 2001 sera donc l'ete des sequels avec un "american pie 2", un "scary movie 2", un "jurassic park 3"... il y a trois semaines, le "retour de la momie" a fait une entree fracassante au box-office avec 68,1 millions de dollars (78 millions d'euros) le premier week-end, frolant le record de "mission impossible ii". il reste en numero 2 cette semaine (en ayant rapporte 146,5 millions, soit deja autant que les recettes de la premiere "momie" aux etats-unis). "shrek-le-sympathique-ogre-vert", de l'ecurie dreamworks, vient de doubler cette "momie" et d'etablir un autre record pour un film qui n'est pas un sequel: 42,1 millions de dollars (pres de 49 millions d'euros). autant de bonnes nouvelles pour le studio universal, propriete de vivendi, qui a coproduit la "momie", le retour et distribuera shrek en dehors des etats-unis. deux succes commerciaux fondes sur un principe simple: un film pour enfants que les parents voient sans s'endormir. http://www.liberation.fr/cinema/200105/20012305momie2.html |