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  Heka, magie et envoôtement dans l’Égypte ancienne

exposition organisée par le département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, aile Richelieu 22 septembre 2000-8 janvier 2001



Egypt.edu 5 rue Guy-de-la-Brosse, 75005 Paris, téléphone 01 43 37 56 58, télécopie 01 43 37 56 58 ;
e-mail : olivier.cabonategypt.edu ou aminata. sackho-autissierategypt.edu ; site internet : http ://www.egypt.edu conception graphique Thierry Sarfis, réalisation Olivier Cabon-ThotM

Les numéros figurant ci-contre et indiqués entre parenthèses dans le texte renvoient aux numéros de la liste d’œuvres du catalogue (cf. p. 22).
Ceux marqués en rouge dans le corps du texte renvoient aux photographies ci-contre.

140a « Bès panthée » ex-voto dédié par le trésorier Pakhar :
bronze incrusté d’or h = 28,8 cm ; la = 7,5 cm ; pr = 17,2 cm XXVIe dynastie, règne de Psammétique Ier E 1 155

153 Figurine d’envoôtement :
le mort Henouy sous l’aspect d’un captif bois peint et encre noire h. 18,2 cm ; l. 4,7 cm Moyen Empire, E 27 204 — don Domercq

207 Statue guérisseuse présentant une stèle d’Horus sur les crocodiles dédiée par trois prêtres de la déesse Bastet grauwacke h = 67,7 cm Époque ptolémaïque E 10 777

12 Semelle de sarcophage Bois, étoffe agglomérée stuquée et peinte Lo = 29 cm ; la = 21,5 cm ; ép. = 0,8 cm Époque ptolémaïque 2 683 B

208 Hetepi, chef des magiciens bois (conifère, acacia et ficus) et métal cuivreux h. 43 ; l. 18,3 ; pr. 38,1 Moyen Empire, fin XIe dyn.

1 Le dieu Heka faïence égyptienne h = 8 cm ; pr = 3 cm Époque tardive E 4 875 Piankhoff, 1934

194 Horus l’enfant (Harpocrate) Fragment de stèle d’Horus sur les crocodiles calcaire h = 19 cm Époque tardive E 16 264

91 Fragment de décor architectural : prisonnier nubien faïence égyptienne h = 11,2 cm ; la = 8,3 cm ; ép. = 2,8 cm Nouvel Empire, époque ramesside E 7 691 C

26 Œil oudjat élément de bracelet, cornaline et verre lo = 4,1 cm ; la = 3,05 cm ; ép = 0,65 cm Nouvel Empire E 1 121

251 Statuette d’envoôtement :
Ptolémaïs nue, ligotée, percée de treize aiguilles terre crue ; bronze h = 9 cm ; la = 4 cm ; ép. = 4 cm ; aiguilles l = 3 cm 3e-4e siècle E 27 145 A

sommaire

introduction 5 le pouvoir magique 5 le Heka, un pouvoir magique divin 5 visualiser ses ennemis pour mieux s’en protéger 5 les magiciens du Louvre 8 les survivances d’hier et d’aujourd’hui 8

parcours de l’exposition 9 qu’est ce que le Heka ? 9 le dieu Heka 9 visualiser son ennemi 9 l’image du captif 10 les adversaires divins 11 Apophis, « le grand ennemi de Ré » 11 Seth, « le fauteur de troubles » 11 magie et religion 12 le rituel des 4 boules 12 magie et État 13 magie, mode d’emploi 13 paroles à direÉ 14 gestes à accomplirÉ 14 l’ennemi du quotidien 15 la colère divine 15 les protections individuelles 15 la maladie et la malchance 16 les animaux venimeux 16 les magiciens du Louvre 17 survivances d’hierÉ 18 É et d’aujourd’hui 20 l’Égypte et l’ésotérisme 20

liste de œuvres présentées 22

introduction « C’est avec des images fabriquées aujourd’hui à l’imitation de celles des Égyptiens avec les caractères [les hiéroglyphes] et les cérémonies qu’on a décrits, fondés sur des gestes et des rites précis que les mages expliquent par certains signes ce qu’ils désirent de manière à se faire entendre ». Ce constat dressé au XVIe siècle par Giordano Bruno dans le petit opuscule De Magia, resté inédit du vivant de son auteur, n’a perdu en rien de son acuité et de sa véracité. Les mystères de l’Égypte et le détournement des images qu’elle a produites ont toujours été une source de fascination qui a alimenté l’ésotérisme et sa relation à l’occulte. En cette période de fièvre millénariste, l’Égypte est souvent mise à contribution pour son lien à la magie dans une perspective ésotérique qui couvre un vaste champ allant de la réflexion métaphysique et humaniste au charlatanisme pur et simple, voire à la dérive sectaire aux conséquences parfois tragiques.
À l’heure actuelle, les sciences humaines sont loin d’avoir donné une définition satisfaisante de la « magie ». Si elles peuvent en isoler des traits particuliers, elles ne peuvent se contenter d’une approche globalisante tant le sujet est complexe et variable d’une civilisation à l’autre selon les structures, les mutations et l’évolution des mentalités de leurs sociétés.
Le propos de cette exposition est d’illustrer l’un des aspects de la magie dans l’Égypte pharaonique : le heka. Par ce biais, c’est aussi l’univers mental des habitants de la vallée du Nil, ses structures et ses peurs, que l’on peut entrevoir. Ce « dossier » n’est cependant que le reflet des connaissances actuelles acquises en matière de magie égyptienne. Le domaine est encore en cours d’étude et le corpus des textes et objets en relevant ne cesse de s’accroître au fil des publications et des découvertes archéologiques.
La magie égyptienne étant un sujet trop vaste pour être intégralement traité dans l’espace imparti à cette exposition-dossier, plusieurs thèmes n’ont pu être qu’évoqués à travers le choix d’objets présentés. La majorité de ces pièces sont conservées au département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, qui a fait ces dernières années des acquisitions importantes relatives à la magie égyptienne. Certaines de ces œuvres sont présentées dans les galeries permanentes mais sont quelquefois abordées sous un autre angle, ce qui explique leur dispersion dans les salles du musée. D’autres proviennent des réserves et sont exposées par roulement pour des raisons de conservation. C’est le cas par exemple des papyrus portant des textes magiques parfois difficiles à interpréter et qui ont été sollicités sous forme d’extraits malgré leur goôt marqué pour l’abracadabra et le hocus pocus. Les généreux prêts d’autres départements du Louvre, d’institutions et de musées français et étrangers ont permis de présenter des aspects peu ou pas illustrés dans les collections du département des Antiquités égyptiennes.
« Quant à cette formule nul de la voir, nul ne doit la connaître. Ne la révèle pas au commun des mortels ». Cette exposition-dossier fait un peu exception à la règle formulée dans beaucoup d’écrits magiques égyptiens. Elle permettra au mieux de rectifier quelques poncifs et jugements trop hâtifs sur la magie égyptienne — voire des erreurs ou des inepties — qu’une abondante littérature a contribué à diffuser.
le pouvoir magique

Les mystères de l’Égypte, son recours à la magie, ont fait de l’Égypte une référence incontournable dans le monde de l’occulte. Si les rituels magiques égyptiens ont trouvé une certaine postérité, ce n’est toutefois pas sans avoir été largement galvaudés au cours des millénaires. C’est pourquoi cette exposition propose de revenir sur la notion de magie dans l’Égypte ancienne — bien éloignée des croyances actuelles qui opposent magie tribale et organisation religieuse de l’Etat ; magie à but personnel et rituel religieux pour le bien collectifÉ — en se concentrant sur l’un de ses aspects : le Heka.

le Heka, un pouvoir magique divin

Le Heka est une arme offerte par le démiurge (dieu-soleil) à sa descendance humaine pour se protéger des différentes menaces auxquelles les humains doivent faire face. Personnalisé et représenté sous la forme d’un homme coiffé du némès et portant une barbe recourbée ; le dieu Heka se présente les bras ballants (1, le dieu Heka, faïence égyptienne, époque tardive) ou tenant dans ses mains deux serpents sur sa poitrine.
Heka est intrinsèquement lié à la notion de puissance. Le nom du dieu Heka peut être décomposé en « ce qui stimule (he) le ka » (potentiel vital de chaque chose) en permettant sa création. Le Heka donne ainsi aux humains la possibilité d’agir sur diverses causes.

visualiser ses ennemis pour mieux s’en protéger

Le Heka est donc une arme qui permet de se prémunir des attaques des divers ennemis du quotidien. La colère divine qui se déchaîne surtout lors des cinq jours épagomènes (jours supplémentaires pour obtenir une valeur proche de celle de l’année solaire), la malchance et la maladie, ainsi que les animaux venimeux sont repoussés au moyen de talismans, décrets divins, statues guérisseuses (207, statue guérisseuse « Tyszckiewicz », Époque ptolémaïque) ou de « panthées », (140a, Bès panthée, XXVIe dynastie).
Tout recours à la magie comprend des rites oraux et manuels. Pour mieux combattre ses ennemis, l’Égyptien doit d’abord les visualiser en leur donnant une forme tangible, le plus souvent humaine. Rabaissé au même niveau que le protagoniste, l’adversaire peut donc plus facilement être touché au moyen d’armes humaines et être ainsi réduit à l’impuissance. Les figurines de captifs sont très fréquentes dans les rituels égyptiens (12, semelle de sarcophage, époque ptolémaïque ; 91). Les membres immobilisés par des liens, le plus souvent privé de sa faculté de déplacement par des postures de génuflexion, le prisonnier est cependant représenté dans son intégrité physique. Les mutilations et les coups interviennent dans un deuxième temps lors des opérations magiques. Le nom de l’ennemi peut également être soumis à un traitement particulier : en martelant son nom, l’ennemi est complètement éradiqué des mémoires.

les magiciens du Louvre

Tous les hommes peuvent utiliser le heka : une formule magique peut devenir un charme puissant. Toutefois, la magie était plutôt le fait de personnes ayant accès aux lieux et aux textes qui permettent de recourir au heka (208, Hetepi, chef des magiciens, Moyen Empire, XIe dynastie).

les survivances d’hier et d’aujourd’hui

L’intégration de la magie au quotidien égyptien et les imprécations magiques dissimulées derrière les hiéroglyphes font de l’Égypte le creuset de l’énergie magique à laquelle l’ésotérisme n’a cessé de puiser.
Intailles magiques, horoscopes et planisphères célestes de l’époque grecque et romaine, témoignent de ces multiples emprunts. Plusieurs recueils de textes magiques, rédigés en grec et en copte, recèlent de formules diverses faisant intervenir des rites et des dieux égyptiens.
Aujourd’hui encore, nombreuses sont les sociétés occultes faisant référence à l’Égypte ancienne. La fortune « ésotérique » du Livre des morts en est le meilleur témoin : ses formules fournissent le mode d’emploi des amulettes utilisées pour confectionner des pendules et tarots divinatoires à thématique ou à motif égyptiens, ils correspondent au livre de Thot.
Ainsi, lorsqu’on considère l’importance des sources égyptiennes pour l’ésotérisme aujourd’hui, cette citation tirée du Talmud reste d’actualité : « Dix mesures de magie sont descendues sur le monde : l’Égypte en a reçu neuf, le reste du monde une. »
 
     
  parcours de l’exposition

Qu’est ce que le Heka ? L’on a coutume de traduire le terme égyptien heka par « magie, pouvoir magique » [É]. La magie heka est une des composantes du surnaturel égyptien, un don du dieu-soleil aux hommes.
A partir d’écrits ou de paroles, le heka permet de donner une existence potentielle aux êtres ou aux objets qui sont alors modifiables à volonté. Chacun peut agir par son intermédiaire sur l’intangible. En cela, la notion de heka correspond bien à un des aspects de la définition moderne de la « magie ».
Il faut cependant éviter les généralisations pour comprendre ce qui, dans la mentalité égyptienne, relève du domaine magique. Les termes de « magie offensive, défensive, magie blanche ou noire, sorcellerie, superstition » renvoient à des stéréotypes actuels. Beaucoup d’idées reçues peuvent être ainsi remises en cause tant par les buts poursuivis que les moyens utilisés dans la mise en œuvre de l’acte magique.
le dieu Heka Heka est un dieu auxiliaire du démiurge qui apparaît parmi l’équipage de la barque du soleil dans son périple marquant le cours du temps, ou encore parmi les divinités participant à la structure de l’univers.
Ce dieu est fréquemment représenté sous la forme d’un homme aux bras ballants, portant une barbe recourbée et coiffé du némès. Sa tête est surmontée du hiéroglyphe servant à écrire son nom (1). Ce hiéroglyphe qui représente la partie postérieure d’un lion sert également à écrire, dans sa forme pleine et avec une autre valeur phonétique, les mots « force » et « puissance ». Le dieu Heka tient alors dans ses mains, souvent ramenées sur sa poitrine, deux serpents (2), insignes de son pouvoir. Il est aussi fréquemment représenté sous l’aspect d’un enfant (4) — sa mèche latérale (« de l’enfance ») et son doigt à la bouche montrent son jeune âge — et le disque qu’il peut porter en guise de coiffure (3) montre sa relation avec le dieu solaire. Il est celui qui renforce le potentiel vital — le ka — du créateur.

visualiser son ennemi

Le heka est une arme. Pour l’Égyptien, le monde créé se conçoit comme une juxtaposition de zones oò s’opposent l’ordre et le désordre : le monde terrestre, le ciel et la Douat — monde souterrain et royaume d’Osiris oò séjournent les défunts.
Ainsi l’adversaire peut être un élément échappé de l’un de ces mondes et affectant la sphère terrestre. Du ciel peuvent survenir la pluie, la tempête, les chutes de corps célestes, les éclipses, plongeant la terre dans les ténèbres. Du monde des morts peuvent jaillir les émissaires malfaisants ou les esprits des morts pour tourmenter les vivants. [É] Un ennemi sera ainsi caractérisé par une forme tangible pour la sphère terrestre et par une forme surnaturelle ou divine dans les deux autres mondes.
Pour combattre au moyen du heka, l’Égyptien « visualie » son adversaire. Il importe pour le magicien, pour le sorcier ou pour la victime de se représenter mentalement la cible du rituel employé.
Le magicien peut alors invoquer l’entité qui lui donnera la puissance « magique » et réalisera son désir, ce qui lui fait ainsi dépasser son statut d’humain ordinaire. La représentation, purement mentale à l’origine, doit être fixée ou transposée par le biais d’un viatique tangible pour garantir l’efficacité de l’opération magique : c’est le rôle dévolu à la figurine d’envoôtement (153) qui permet de donner une forme concrète, voire réaliste, à l’objet du désir. En ce domaine, les pratiques de l’Égypte ancienne répondent totalement aux critères actuels de définition d’un acte magique.
La « visualisation » égyptienne a deux caractéristiques principales : d’une part, la menace invisible est le plus souvent dotée d’une apparence humaine ; d’autre part, elle est représentée réduite à l’impuissance. Donner un corps humain à ce que l’on veut combattre permet au magicien de rabaisser son ennemi à son propre niveau et de lui infliger des dommages par le biais d’armes humaines bien réelles.

l’image du captif. Privé de sa capacité d’action, la menace invisible, dotée d’une forme humaine, a donc été logiquement représentée par le captif. Les bras et les mains des figures d’envoôtement sont immobilisés (7, 8). La génuflexion (17) induit la soumission au pouvoir de celui qui va agir.
Cependant la figure d’envoôtement présente l’ennemi captif dans son intégrité physique : les mutilations et coups infligés à l’image n’interviennent qie dans un deuxième temps, lors des opérations du rituel magique visant à neutraliser ou à éradiquer la menace.
L’image la plus simple du captif est celle d’un homme ou d’une femme, debout ou agenouillé, qui peut être Égyptien ou assimilé à l’un des peuples voisins : Nubien ou un Syro-Palestinien (5, 6). Parfois, celle-ci n’est pas suffisante : on peut y adjoindre un élément iconographique traduisant la victoire en ayant recours à des postures d’humiliation (18a) ou de soumission ; la plus courante est le piétinement et le captif est foulé aux pieds par son vainqueur (13 à 15) ou son image est placée sur les semelles du triomphateur (12) qui l’écrase à chacun de ses pas. L’ennemi peut aussi être agenouillé (17), ou empoigné par les cheveux (18b), prélude à son anéantissement par le roi. [É] Néanmoins, puisque grâce à l’effet de la magie heka son nom suffit à faire exister l’individu, le nom d’un ennemi doit donc faire aussi l’objet d’un traitement spécial. Il peut être changé en un nom à signification péjorative, revêtir celui d’un des ennemis divins ou, le plus souvent, disparaître de tout support solide qui en assurerait la pérennité. Dans ce cas, le martelage est le moyen le plus couramment employé, notamment sur les monuments de rois considérés comme illégitimes (19) et par conséquent ennemis de l’ordre divin.

les adversaires divins

Au sein du panthéon égyptien, Apophis et Seth sont les seules dieux qualifiés d’« ennemi » ou d’« adversaire » et sont de ce fait les seuls à faire l’objet d’un rituel de destruction spécifique, accompli au sein des temples. Ils sont, en fait, pleinement intégrés dans la sphère religieuse et participent de la confirmation de la bonne marche de l’univers. Apophis — le serpent qui veut briser le cycle éternel du soleil — et Seth — le meurtrier du dieu Osiris (lui-même archétype du souverain parfait) — sont les deux principaux adversaires de Ré.

Apophis, « le grand ennemi de Ré ». Les métamorphoses divines sont l’arme principale du dieu-soleil. Apophis étant un serpent, Ré prend la forme d’un animal prédateur de ce reptile. Le « grand chat d’Héliopolis » écrase ou décapite ainsi son adversaire. Il s’aide également de son œil droit — œil oudjat (26) — ou de sa main, qui transformée en déesse Hathor — Neberthetepet, réussit à contrer le regard hypnotique du serpent. Seth seconde alors Ré dans la défense de la barque cosmique.
Le combat est sans merci entre le serpent et Ré ; cependant, Apophis est immortel. Sa représentation sous forme de serpent traduit sa capacité à se régénérer. À chaque crépuscule, le « grand combat » recommence donc pour l’éternitéÉ

Seth, « le fauteur de troubles » est à la fois pleinement intégré à la préservation de l’ordre cosmique — il est alors adversaire d’Apophis — mais il en est aussi le constant perturbateur. Contrairement à celles d’Apophis, les actions mises à son actif insufflent une dynamique qui contribue à entretenir la perpétuation de la création.
Seth est représenté par un assemblage hétéroclite de parties d’animaux exotiques qui n’ont pas tous été identifiés de façon certaine : canidé, âne sauvage, phacochère, okapi, oryctérope. Seth lutte contre l’ordre établi et perpétue toutes sortes de crimes, à commencer par le « grand crime », c’est-à-dire le meurtre d’Osiris. Il revendique alors la fonction royale et affronte donc Horus (43).
Tout est fait pour que Seth soit réduit à l’impuissance. Un châtiment est ordonné et mis en œuvre par l’ensemble des divinités et est subi par Seth dans les trois composantes du monde. Dans le ciel, il est assimilé à une constellation qu’il faut neutraliser. Sur terre, les noms et épithètes dépréciatives du dieu, écrits en rouge, sont énumérés ainsi que la liste de ses transgressions. Son effigie en cire, rouge elle aussi, le représente comme un captif, et est finalement jetée au feu après avoir été insultée, couverte de crachats et transpercée. Dans le monde des morts, Seth — culbuté et ligoté aux pieds du maître de l’Au-delà — est condamné à servir de socle à son trône (49).
Dans les formules magiques, Apophis et Seth sont les archétypes de l’adversaire : leur défaite assure le maintien de l’ordre cosmique et permet, par analogie, de réduire à néant tout ennemi terrestre.

magie et religion

Magie et religion ont souvent été opposées et la première a très souvent été considérée comme la forme primitive et embryonnaire de la seconde. Le fait que des rituels magiques aient été inclus dans les rituels de temples — et relèvent donc du fait religieux — est l’un des nombreux contre-exemples à cet antagonisme. L’acte magique n’est, dans ce cas, ni une fin en soi, ni un acte individuel — et à ce titre antisocial —, ni une opération illicite et ne se réduit pas à une action coupée de toute dimension idéologique.
La sphère religieuse intègre nombre de rituels magiques ; beaucoup de ces derniers sont liés à la fonction même du temple — qui est de maintenir l’équilibre cosmique. — et des accessoires spécifiques sont confectionnés ou requis pour leur mise en œuvre. Rites magiques et rituels religieux sont étroitement liés aux caractéristiques de la divinité qui en bénéficie ou qui y préside, ainsi qu’aux récits mythologiques oò elle intervient.

le rituel des 4 boules. Le rituel des quatre boules est un rituel spécifique au temple du dieu Osiris à Abydos : profané par une attaque de Seth et de ses complices, le corps du dieu — enterré dans la nécropole de cette ville — devait, pour l’éternité, être préservé de toute nouvelle attaque. Quatre divinités à caractère redoutable — Ouadjyt, Sekhmet, Bastet et Sechemtet — ont donc été préposées à la garde du cadavre divin. Le rituel tire son nom des boules en argile utilisées pour sa mise en œuvre quotidienne : chaque déesse est assimilée à l’œil de Ré, ce que rappelle la sphère d’argile rappelant e globe oculaire oò est inscrit son nom ; chacune est chargée de défendre l’un des points cardinaux vers lesquels le prêtre les lançait à l’issue de la célébration du rituel.
magie et État

En Égypte, la magie n’est pas seulement l’affaire d’individus isolés agissant dans leur seul intérêt ; c’est aussi l’affaire de l’État. L’ordre établi correspond à celui du monde au moment de la création ; l’Égypte est conçue comme la terre, mise en place par le créateur, à partir de laquelle le monde à été organisé. Une dichotomie est ainsi établie entre ce que représente le territoire égyptien et ce qui se trouve en dehors de lui.
À l’extérieur, les forces du chaos et du désordre sont sans cesse à l’œuvre pour dégrader la création. Dans la réalité, la menace vient surtout des peuples voisins. A l’intérieur la cohésion du pays et notamment celle de sa structure sociale doivent être préservées. Les Égyptiens eux-mêmes, vivants ou morts, sont à redouter.
Pharaon est le dépositaire de l’ordre cosmique et le garant de la bonne marche de l’univers. Les ennemis du roi sont donc assimilés aux divinités rebelles Apophis ou Seth, ou encore à leurs complices, et subissent un châtiment analogue. Du fait de son statut spécial, un certain nombre de magiciens attachés à la personne pharaon, en outre, des écrits magiques permettent d’assurer la protection de ses membres, de son lit et de sa chambre.
Pour juguler les menaces, un envoôtement spécifique est mis en œuvre au moyen de textes d’exécration, inscrits sur des figurines ou des vases, et qui énumèrent les noms des éventuels fauteurs de troubles et leurs actes de sédition. La mise à jour régulière de ces listes et leur précision prouve qu’une partie des structures administratives se consacrait à leur élaboration.

magie, mode d’emploi

Comment met-on en œuvre le heka par le rite magique ? Deux composantes essentielles entrent en jeu : la partie invocatoire, ou rite oral, et les manipulations et les gestes à accomplir pour compléter ou provoquer l’efficacité du rituel, qui constituent le rite manuel. On a recours au heka pour résoudre un problème ; de ce fait, il peut apparaître comme une suite de cas à traiter, ce qu’indiquent les intitulés des textes magiques : « formule pourÉ », « début du livre pourÉ », « rituel pourÉ ». Les textes magiques sont le plus souvent rédigés et utilisés pour conjurer diverses menaces et toute personne sachant lire, écrire et parler est un magicien potentiel : pour garantir l’efficacité du charme, le nom du bénéficiaire et de sa mère doivent être mentionnés. En outre, le contenu du charme et les opérations qui accompagnent sa mise en œuvre doivent rester secrets.

Paroles à direÉ La conjonction du rite oral et du rite manuel produit une intervention immédiate sur le plan divin, grâce au heka, et sur le plan terrestre, par les gestes qui en concrétisent l’effet. Cependant, la formule magique doit rester confidentielle : pour rendre invisibles les textes inscrits sur les talismans, le papyrus est plié.
Chaque mot du rite oral est rendu « actif » par la vertu du heka. Le magicien récitant s’identifie à tel ou tel dieu en fonction du cas à résoudre et justifie par le recours au mythe l’intervention de cette divinité. Le rite oral replace le problème que doit affronter l’utilisateur du heka dans un cadre cosmique et l’assimile à une perturbation de la maât à laquelle les dieux doivent remédier pour que le monde continue à exister. Le magicien peut aussi menacer les dieux et les déesses — mais aussi leurs animaux sacrés, pour les contraindre à bouleverser l’ordre cosmique et son architecture ; il peut évoquer les pires supplices : « Si tu n’écoutes pas mes paroles, je ferai que le ciel se renverse et je mettrai le feu aux seigneurs d’Héliopolis. » Le recours au heka permet donc — hors des intermédiaires ritualisés que constituent le temple et son clergé — de faire une incursion dans la sphère divine et d’obtenir un résultat immédiat.

Gestes à accomplirÉ Cependant, si les paroles sont chargées d’une vertu efficace, elles n’en restent pas moins fugaces. Le rite manuel va prolonger l’action des paroles par des gestes à accomplir sur des objets précis. La formule magique se termine en effet par une notice qui en constitue le mode d’emploi et qui indique le matériel nécessaire à sa mise en œuvre.
L’objet intervenant dans le rite manuel est souvent pourvu de dessins sommaires représentant des divinités (112) ou de noms écrits à l’encre. Les noms d’êtres dangereux ou redoutés sont inscrits à l’encre rouge, qui sert de déflecteur au potentiel néfaste que leur seule évocation suffit à susciter, ou en intercalant le mot « ennemi » afin d’éviter le maléfice que la chose écrite suffit à réaliser. On peut également représenter les hiéroglyphes qui servent à écrire leur nom lardés de couteaux ou tronqués.
On retrouve dans la magie égyptienne les principes de similitude et de sympathie entre une matière et la vertu qu’elle suscite. La figure d’envoôtement n’a pas besoin de ressembler le plus possible à la victime du sortilège ni d’intégrer des éléments organiques dans sa structure. La seule mention du nom assortie de la filiation suffit à avoir pouvoir sur la victime. Là encore, le heka intervient : à l’instar du créateur, le magicien donne la vie et anime la figurine qui agit avec efficacité dans l’univers auquel le rite oral lui donne accès pour un bénéfice bien matériel.
Le magicien joint souvent les gestes à la parole. Outre les objets qu’il peut brandir, il a aussi la possibilité de cracher, de piétiner ou de lancer un objet, d’accomplir des gestes des mains pour lancer son sort, de faire des nœuds protecteurs (115), de jeter un filet, de piquer avec une lance, un harpon ou un stylet, ou encore de larder de coups de couteau (117). La figurine d’envoôtement fait les frais de ces traitements et, pour parachever la destruction de l’adversaire, ses résidus sont jetés au feu.


 
     
  L’ennemi du quotidien

La colère divine. Les fureurs divines sont les plus redoutés des éléments échappant au contrôle des hommes. Elles peuvent être provoquées par un manquement à l’ordre établi qu’incarne Maât, mais également par la nature irascible et versatile d’un certain nombre de divinités. S’il est possible de pallier un dérèglement de l’ordre naturel, il est beaucoup plus difficile de calmer une divinité déchaînée.
Toute déesse est une Sekhmet en puissance, et la redoutable colère divine doit être contenue dans le cours même de l’année. L’année lunaire est composée de douze mois de trente jours, complétés de cinq jours « épagomènes » qui, n’appartenant pas au cours établi du temps créé par Ré, ne sont pas liés à la garantie du maintien de la création. Le déchaînement possible de calamités est ainsi mis sur le compte de la perte de contrôle temporaire du créateur sur la préservation de sa création et, de ce fait, est imputé à l’activité de Sekhmet (121) : la déesse, maîtresse de la mort et de la vie, est alors aidée par ses émissaires. Le retour des cinq jours épagomènes et le passage à la nouvelle année est un moment extrêmement critique pour le monde créé : tout temple possède un rituel spécifique pour cette période. La déesse peut également être maintenue dans ce fragile état d’équilibre par des offrandes litaniques faites durant toute l’année.

Les protections individuelles. Pour se prémunir de tout danger (137), divers types de protection individuelle sont mis en œuvre. Parmi eux, les décrets divins (139) visent à garantir une immunité totale face à des dangers qui sont énumérés avec précision. Maladies, mort subite, calamités naturelles, revers de fortune sont ainsi écartés par la puissance du décret divin, promulgué par le créateur et que fixe de façon durable et efficace l’écrit par l’action de la magie heka liée à sa rédaction. Le papyrus est roulé et conservé dans un étui (138) le cachant aux regards indiscrets. Le talisman nominatif ainsi constitué est porté au cou par son propriétaire.
Une autre forme de protection consiste à opposer la toute-puissance divine à tous les dangers potentiels. La divinité se présente alors sous la forme d’une créature complexe, le « panthée ». Dotés d’un corps humain souvent constellé d’yeux, de plusieurs paires de bras (140a) quelquefois armés de couteaux, les « panthées » ont généralement pour tête une ou plusieurs images de formes divines liées au soleil (bélier, singe, faucon, lion) (143), de prédateurs (chien, crocodile, faucon, lion) ou, le plus souvent, le masque grimaçant du dieu Bès (140b). Ces images de panthées se trouvent déclinées sur des objets et monuments divers, de l’amulette (142) à la stèle (141), voire à la paroi de temple.
Le nom secret du créateur, qui recèle le pouvoir magique lié à la faculté créatrice, peut ainsi protéger du danger. Portés comme amulette (147), l’image et le nom du dieu solaire associent le propriétaire au cycle éternel de l’astre et par analogie lui garantissent une protection contre tout danger.

La maladie et la malchance. Les médecins égyptiens jouissaient d’une réputation d’excellence dans le monde antique, ce qui valut à certains de subir les déportations sélectives des Assyriens et des Perses qui s’attachèrent leurs compétences. Les papyrus médicaux se présentent pour la plupart comme un ensemble de recettes de remèdes destinés à guérir divers maux touchant le corps, mais aussi de données utiles au praticien pour procéder à un diagnostic ou à des opérations de petite chirurgie. La pensée médicale égyptienne explique de diverses façons l’origine de la maladie.
Les vecteurs de la maladie et ses remèdes. Véhiculé par l’air ambiant, un souffle néfaste est facilement contracté et détermine les effets de la maladie qu’il déclenche. La maladie est provoquée, entre autres, par les émissaires de Sekhmet, mais aussi par des morts privés de sépulture qui investissent le corps des humains. Le port d’un talisman personnalisé peut assurer une protection permanente. Les représentations de divinités — Bès nain grimaçant et Thouéris déesse hippopotame — écartent ces maux des maisons. Très pragmatique, l’Égyptien peut aussi écrire une lettre à l’esprit mort qui le trouble et la déposer dans sa tombe. Les morts sont aussi susceptibles de se manifester auprès des vivants sous la forme de fantômes provoquant la malchance. Celle-ci peut également être due « au mauvais œil », imputé à l’action d’Apophis.

Les animaux venimeux. Les animaux venimeux constituent l’un des dangers les plus courants de la vie quotidienne de l’Égyptien. Par leurs morsures et leurs piqôres serpents et scorpions causent de graves incapacités pouvant quelquefois entraîner la mort. S’en prémunir était un souci évident et guérir des blessures infligées un des cas relevant de la médecine, mais aussi de la magie.
Les animaux venimeux, et plus spécialement les serpents, sont conjurés en les identifiant aux serpents maléfiques. Ces animaux sont assimilés soit à Apophis soit à Seth. Le roi, garant de l’ordre du monde, est considéré comme un protecteur efficace contre ces animaux. Des animaux redoutables tels le lion, le crocodile, l’hippopotame mais aussi le scorpion sont assimilés à des formes agressives de divinités sous lesquelles le roi peut se manifester. Ils peuvent donc faire l’objet de rites de destruction.
Cette image du roi intercesseur se trouve dans les représentations du dieu Ched, « le sauveur » ou « le conjurateur » qui maîtrise serpents (193b) et scorpions, ou des animaux du désert. Il est représenté sous la forme d’un dieu juvénile (193a), portant la mèche latérale de l’enfance, armé d’un arc. Il va par la suite être assimilé à Horus-l’enfant, ou Harpocrate (194), dans l’iconographie de monuments destinés à assurer la guérison des blessures des animaux venimeux (197) : les stèles dites d’« Horus sur les crocodiles ».
Ces dernières tirent leur nom de la représentation figurant sur leur face principale : le dieu Horus (195), le plus souvent sous la forme d’un garçonnet nu, empoigne des animaux venimeux (scorpions, serpents) et redoutés, tout en foulant aux pieds des crocodiles (198). Le masque du dieu Bès qui éloigne les dangers par son visage grimaçant surmonte généralement l’image d’Horus (194, 196, 198). Les vertus curatives de ces stèles sont dues aux textes qu’elles portent : la nature magique des formules retranscrites sur le monument procure la guérison. Les stèles d’Horus sur les crocodiles présentent des dimensions et des types variables qui en font de véritables monuments (195) ou des amulettes-pendentifs (202 à 204). Dans le cas des modèles de taille importante, la stèle peut être présentée par un personage statufié, représenté assis ou debout dans l’attitude de la marche. Ces « statues guérisseuses » représentent en général un homme et l’ensemble de leur surface — à l’exception des pieds, des mains et du visage — est recouvert de textes magiques.
La statue guérisseuse du Louvre dite statue Tyszkiewicz (207) donne un mode d’emploi précis de ces objets et constitue donc un document important. On doit boire l’eau que l’on aura fait couler sur la statue et qui se sera imprégnée des vertus curatives prodiguées par les textes magiques qui y sont gravés. Cette statue pouvait prendre place dans une chapelle construite sur le parvis du temple et couverte elle aussi de ces textes magiques, destinés ainsi, et pour le bienfait de tous, à un usage public.

les magiciens du Louvre

Tous les hommes peuvent utiliser le heka, car une formule écrite peut devenir un charme puissant. Il existe cependant des magiciens professionnels qui possèdent un domaine de compétence propre ou qui tirent leur pouvoir magique du fait de leur accès aux lieux et aux ouvrages impliquant un recours au heka. Ils sont souvent présentés aux côtés du souverain.
Ces « prêtres ritualistes en chef » affrontent Moïse dans le récit de l’Exode (Ex 7, 8-13) en prélude au déclenchement des plaies. C’est ce duel, rarement représenté, que Nicolas Poussin a choisi pour sujet de l’un des tableaux (214) de son cycle consacré à l’histoire de Moïse. Le rédacteur de l’Exode connaissait bien les traits de civilisation égyptiens, et son choix de la métamorphose en serpent n’est pas dô au hasard. Le bâton de dieu brandit par Moïse peut se muer en serpent et engloutit les bâtons des magiciens égyptiens après qu’ils eurent été changés en reptiles. Ce « truc » est bien connu des charmeurs de serpents de l’Égypte moderne : ils savent provoquer chez les reptiles une rigidité qui donne à leur corps l’apparence d’une canne en leur paralysant des centres nerveux précis.
Hetepi (208) était probablement, l’un de ces magiciens attachés à la personne royale, comme en témoigne son titre de « chef des magiciens » ou de « chef de la magie ». Le panier qu’il tient pourrait contenir le matériel qui lui était nécessaire. Parmi ce matériel figurent deux types d’instruments équivalant à des « baguettes magiques ».
Les « ivoires magiques » (216) sont réalisés dans une canine d’hippopotame qui leur donne leur forme incurvée épousant le contour du flanc ou du ventre d’un être humain. Leur répertoire décoratif comporte, outre des animaux de la faune terrestre, un bestiaire fantastique (griffons, serpents ailés, etc.) ainsi que des génies protecteurs parmi lesquels on retrouve des formes de Bès. Certains de ces ivoires comportent une formule de protection mais leur mode d’emploi précis, tout comme celui des baguettes en stéatite, reste inconnu : passes magiques, attouchements étaient peut-être combinés à des rituels spécifiques dont on ignore le contenu.
Les magiciens sont aussi les héros de contes. Des personnages historiques ont été considérés comme de puissants magiciens : Khaemouaset, le plus célèbre fils de Ramsès II, ou encore Imhotep, le médecin et architecte du pharaon Djéser, qui fut divinisé à l’Époque tardive comme fils du dieu Ptah et comme « patron » des livres et des bibliothèques.

survivances d’hierÉ

D’autres civilisations comme celles de la Mésopotamie ou de la Grèce possédaient leur propre magie. Toutefois, aux yeux des Grecs, l’Égypte était la source et le réservoir inépuisable de l’énergie magique et du savoir tant théorique que pratique qui permettait de la manipuler. Les hiéroglyphes, qu’un profane ne pouvait comprendre, leur apparaissaient comme le moyen de dissimuler ces connaissances aux yeux des ignorants : les bases de l’occultisme occidental étaient ainsi jetées.
Le développement à l’époque grecque et romaine de la pratique des horoscopes engendra la multiplication des représentations des planisphères célestes. Le « zodiaque » et ses « signes », synthèses de traditions mésopotamiennes et grecques, intègrent une création égyptienne : les décans (219).
À la même époque, les intailles grecques ou romaines ont fait appel à des représentations issues de l’univers religieux égyptien, qui pour certaines, ont gardé leur connexion avec l’univers de la magie : Chnoubis, seigneur du ventre, chargé de guérir les maux d’estomac, apparaît sur de nombreuses intailles portées comme amulettes ou utilisées à des fins de guérison.
Outre les signes « cabalistiques » figurant sur certaines statues de divinités gréco-égyptiennes comme Sérapis (230), les stèles de tradition égyptienne de cette époque — comme celles d’Horus sur les crocodiles (223) — peuvent parfois conserver plusieurs éléments typiquement égyptiens comme l’image du dieu-soleil sous la forme d’un enfant émergeant d’un nénuphar (234).
Plusieurs recueils de textes magiques assimilables à des grimoires nous sont parvenus, parmi lesquels le papyrus magique de Paris — rédigé en grec et en vieux copte et conservé à la Bibliothèque nationale de France (BN suppl. Gr.74) — et celui en cursive démotique dit « papyrus magique de Londres et de Leyde » (pap. British Museum, BM 10 070 et Leyde, I.383). Ces papyri contiennent des formules et des recettes diverses qui font intervenir un rite oral (logos) et un rite manuel (praxis) et utilisent divers ingrédients provenant souvent d’animaux qui sont également la forme sacrée d’un dieu de la religion égyptienne.
Ces recueils peuvent également comporter des charmes pour s’attacher un être dont on désire les faveurs. Le papyrus magique de Paris en livre les formules et décrit dans la figurine en cire qui doit être utilisée lors de la récitation du sort. sL’acte sexuel, objectif du charme, peut être matérialisé par la figurine (255). Une variante spectaculaire est fournie par une des pièces du Louvre (251) : Ptolémaïs, est ici représentée comme une captive selon l’ancien schéma iconographique égyptien ; son effigie de terre crue est piquée de treize aiguilles enfoncées en divers centres vitaux commandant notamment les sens et le désir sexuel (fig. 23 a et b). À ces figurines sont associés des papyrus ou des lamelles de plomb (252, 249) comportant le texte de l’invocation et qui sont pliés et fixés aux figurines, le tout étant placé dans des vases et probablement enterré.
L’essor des religions chrétienne et musulmane en Égypte ne fit pas disparaître ces pratiques magiques. Comme dans les religions grecque et romaine, la magie est sévèrement condamnée par les textes saints. Cependant, ce sont justement ces textes qui servent à établir des protections ou quelquefois à lancer des malédictions. Les talismans coptes sur papyri — eux aussi noués et portés au cou — font appel aux psaumes ou invoquent des saints, les anges, Jésus et sa mère Marie, dans le but aussi bien de protéger (258) que de provoquer la déchéance de l’ennemi (259) ou d’attirer sur lui le mauvaise mort (260). D’autres talismans sont utilisés pour semer la haine et la discorde, valeurs peu chrétiennes, suscitées à l’aide de recettes héritées de la tradition gréco-romaine.
Certains objets comme les coupes guérisseuses (262), ou les planches à scorpion soudanaises sont utilisés pour guérir des piqôres de scorpion ou des morsures de serpent et ont recours au même mode opératoire que celui des statues guérisseuses. L’eau est chargée au contact des versets du Coran et de lettres aux propriétés bénéfiques de vertus curatives et doit être absorbée par le malade.

É et d’aujourd’hui

L’Égypte pharaonique occupe une place prépondérante dans les pratiques magiques contemporaines. Cette importance est due à la conjonction de la tradition ésotérique — qui s’est perpétuée de l’antiquité tardive à la Renaissance — et de l’égyptologie qui a fourni un nombre important de traduction de textes religieux dès le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion en 1822.
C’est surtout à la fin du XIXe siècle que l’Égypte a été intégrée dans la monde de l’occultisme grâce à la mise en place de nombreux groupes ésotériques se réclamant des « mystères » égyptiens. Le chef d’un de ces groupes, le sulfureux Aleister Crowley, « crée » des rituels d’évocation du dieu Seth à partir de traductions de rituels pharaoniques. Dans le même temps, l’un des ouvrages de l’égyptologue anglaise Margaret Murray devient une référence pour capter les énergies de la nature et est encore utilisé par les « sorciers » actuels.
Qu’ils servent à pratiquer la « magie blanche » ou « la magie noire », les objets égyptiens sont considérés comme « chargés », c’est-à-dire comme dépositaires d’une énergie magique susceptible d’être manipulée ou utilisée pour alimenter des talismans. Cette conception héritée de l’époque grecque et romaine a encore cours aujourd’hui. Les talismans présentés ici ont été retrouvés sous des statues lors de la rénovation des salles égyptiennes du musée du Louvre en 1997É

l’Égypte et l’ésotérisme

Cette citation tirée du Talmud reste d’actualité en ce qui concerne la place de l’Égypte dans l’ésotérisme. Le rédacteur de cette formule avait également évalué avec justesse l’importance du heka dans la pensée égyptienne. Les oppositions traditionnelles : magie ignorante et religion savante, magie tribale et organisation religieuse d’État, magie à but personnel et rituel religieux pour le bien collectif volent en éclat au vu des nombreux contre-exemples que l’ancienne Égypte a produits.
Cependant l’Égypte pharaonique fait désormais partie de l’imaginaire collectif que la civilisation gréco-romaine, nourrie par ailleurs des apports judéo-chrétiens et arabes, a contribué à façonner. Parangon de l’idolâtrie pour les uns (au point de se moquer de la dévotion égyptienne aux animaux sacrés), source exceptionnelle de sagesse, de connaissance des secrets de l’univers pour les autres, elle est devenue l’archétype de la résistance au temps du fait des conditions extraordinaires de préservation des vestiges.
Quelle que soit l’époque à laquelle ils vivent, les hommes ont ainsi l’impression d’entrer de plain-pied dans cette civilisation ou du moins de l’aborder avec une certaine familiarité, sinon complicité, en abolissant les frontières de l’espace et du temps. C’est d’une certaine façon ce que recherchaient les Égyptiens. « De ces sages qui prédisent ce qui arrive et dont les dires se sont réalisés, des lignes écrites dans leurs ouvrages, on peut tirer profit. La descendance des autres leur est donnée pour héritiers comme si elle était leurs propres enfants. Ils cachent aux gens la magie que recèlent leurs préceptes. Leur nom est tombé dans l’oubli quand ils ont quitté cette vie. Ce sont les écrits qui assurent leur mémoire ». Si, comme le constatait Champollion, c’est par l’écriture que toute une civilisation livre ses pensées, c’est aussi la contemplation de ses productions matérielles qui assure le lien et l’intérêt sans cesse renouvelé des générations humaines. D’une certaine façon et selon d’autres modalités, le heka est encore à l’œuvreÉ


Commissaire de l’exposition :
Marc Étienne, conservateur au département des Antiquités égyptiennes.

Le présent dossier reprend une grande partie du dossier de presse, réalisé par Valérie Brisset à partir des textes de Marc Étienne publiés dans le catalogue édité par la Réunion des musées nationaux, des textes des panneaux didactiques affichés dans l’exposition, ainsi que du dépliant-guide à la visite de l’exposition.
 
     
  Les numéros figurant dans le texte et indiqués entre parenthèses dans le texte renvoient aux numéros de la liste d’œuvres du catalogue (cf. p. 22).
Ceux marqués en rouge dans le corps du texte renvoient aux photographies des pages 2 et 3.

« Le dieu a donné le Heka aux hommes comme arme pour parer l’effet des événements. »

« La magie n’est en soi, rien qu’une volonté, et cette volonté est le grand mystère de toute merveille et de tout secret :
elle s’opère par l’appétit du désir de l’être. » Jacob Boeme, in Yvan Koenig, Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne.

« Procédure faisant partie d’un ensemble, la magie ne peut être séparée de la religion ou de la médecine ».
Yvan Koenig, Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne.

« La technique de base du magicien est le transfert.
Il s’agit de transférer une situation vécue par le patient dans le monde des dieux [É] pour « banaliser » l’événement ou plus exactement le rendre compréhensible [É]. » Yvan Koenig, dans Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne.

« La magie, loin d’être marginale, [se] pratiquait largement dans toutes les couches de la société, du paysan au pharaon ».
Yvan Koenig, Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne.

« Dix mesures de magie sont descendues sur le monde : l’Égypte en a reçu neuf, le reste du monde une. »

qu’est-ce que le heka ?

1. Le dieu Heka faïence égyptienne h. 8 ; pr. 3 Époque tardive E 4 875

2. Stèle d’Horus sur les crocodiles serpentine (?) h. 13,5 ; l. 8 Époque tardive 4 468 (?)

3. Le dieu Heka enfant solaire bronze incrusté d’or h. 14 Époque tardive E 4 619

4. Le dieu Heka sous l’aspect d’un enfant bronze h. 16,7 ; L. 8,5 Époque tardive 5 136 visualiser son ennemi

5. Captif nubien verre avec traces de dorure h. 9,7 ; l. 3,5 ; ép. 0,7 Époque ptolémaïque (?) E 2 207

6. Captif syro-palestinien verre avec traces de dorure h. 9,3 ; l. 3,6 ; ép. 0,75 Époque ptolémaïque (?) E 2 206

7. Figurine de captif terre cuite peinte et incisée h. 13,3 ; l. 5,2 Moyen Empire (?) – IIe Période intermédiaire (?) E 16 496

8. Pion de jeu : captif syro-palestinien faïence égyptienne h. 2,9 ; ¯ 2,5 Nouvel Empire (?) E 1 660

9. Présentation de captifs calcaire h. 35 ; l. 45 Nouvel Empire, fin XVIIIe dyn. (?) E 17 396

10. Captif nubien bois h. 10,7 Nouvel Empire (?) E 243

11. Captifs attachés à un pieu calcaire h. 33,5 ; l. 19,5 Époque tardive Bruxelles, musées royaux du Cinquantenaire, E 8 241

12. Semelle de sarcophage bois, étoffe agglomérée stuquée et peinte L. 29 ; l. 21,5 ; ép. 0,8 Époque ptolémaïque 2 683 B

13. Dieu à tête de faucon piétinant deux prisonniers bronze h. 18,5 Époque tardive E 3 646

14. Sceau de la nécropole faïence égyptienne h. 6,2 ; l. 3,4 ; ép. 1,4 Nouvel Empire (?) 2 217

15. Plaquette biface : le roi Aménophis II sous la forme d’un sphinx piétinant un ennemi Stéatite émaillée L. 1,58 ; l. 1 ; ép. 0,5 Nouvel Empire, XVIIIe dyn., règne d’Aménophis II E 3 174

16. Le roi Ramsès II frappant des prisonniers Stèle dédiée par le scribe Ramose calcaire peint h. 30,6 ; l. 20,5 ; ép. 4,5 Deir el-Medineh Nouvel Empire, XIXe dyn., règne de Ramsès II E 16 373

17. Prisonnier libyen bronze incrusté d’argent h. 8,8 Nouvel Empire (?) E 10 874

18a. Simulacre de bouclier : le roi Aménophis Ier portant deux ennemis bois incisé et peint h. 6,85 ; l. 5,6 ; ép. 0,9 Nouvel Empire, XXe dyn., règne de Ramsès IX 617

18b. Simulacre de bouclier : le roi Aménophis Ier empoignant deux ennemis par les cheveux bois incisé et peint h. 5,63 ; l. 4,75 ; ép. 0,7 Nouvel Empire, XXe dyn., règne de Ramsès IX 2 268

19. Le pharaon Pi (ânkh) y et sa fille Moutirdis devant la déesse Mout calcaire h. 43,5 ; l. 40,3 IIIe Période intermédiaire, XXVe dyn.
C 100

20. La destruction par le feu des ennemis du soleil dans l’Au-delà pendant la 11e heure de la nuit Fragment du papyrus funéraire de Padiimenipet illustré du livre des Demeures secrètes (Am Douat) papyrus et encre noire h. 26 ; L. 40,5 IIIe Période intermédiaire 3 139

21. Lion dévorant un captif bois h. 7,5 ; l. 2,9 ; ép. 1,6 Éléphantine Nouvel Empire (?) E 12 719

les adversaires divins

Apophis, « le grand ennemi de Ré »

22. Élément d’incrustation : le dieu Ré bois doré h. 9,5 ; pr. 4,2 Date inconnue E 272 E

23. La déesse Maât faïence égyptienne et bronze doré h. 5,9 ; pr. 2,5 date inconnue AF 2 704 24. Le voyage du soleil dans l’Au-delà pendant les 11e et 12e heures de la nuit papyrus funéraire illustré du livre des Demeures secrètes (Am Douat) papyrus et encres noire et rouge cursive hiéroglyphique h. 24 ; L. totale 117 IIIe Période intermédiaire 3 288

25. Plaquette : œil oudjat avec des êtres divins calcaire L. 6 ; l. 4,8 ; ép. 1,25 Époque tardive (?) E 14 240

26. Élément de bracelet : œil oudjat cornaline et verre L. 4,1 ; l. 3,05 ; ép. 0,65 Nouvel Empire E 1 121

27. Cobra divin (uræus) bronze h. 11,3 Saqqara, Serapeum Époque tardive AF 2 014

28. La déesse Sekhmet bronze h. 16,5 Époque tardive E 3 732 – don Tyszkiewicz

29. La barque du soleil victorieuse du serpent Apophis feuillet du papyrus funéraire d’Imenemsaouf papyrus et rehauts de peinture h. 38,3 ; L. totale 448 IIIe Période intermédiaire, XXIe-XXIIe dyn., N 3 292

30. Le dieu Ré sous forme de félin tuant Apophis Bandelette de momie illustrée par le chapitre XVII du livre des Morts lin et encre noire h. 10,6 ; L. 26 Époque ptolémaïque E 8 364 – don Stier

31. La déesse Nebethetepet bronze incrusté et plaqué d’or h. 11,5 Époque tardive AF 729

32. La déesse Ouadjyt sous forme de mangouste ex-voto dédié par Padihor bronze h. 26,1 Époque tardive E 14 227

33. Enseigne votive : harpon orné de l’image du dieu Ré bronze h. 16,8 Époque tardive E 10 512

34. Fragment de statue au nom du roi Djedefré (Didoufri) quartzite rouge h. 12,5 Abou Roach Ancien Empire, IVe dyn.
E 11 552 d

35. Hypocéphale étoffe agglomérée, stuquée et peinte ¯ 15,2 Époque tardive (?)-époque ptolémaïque (?) 3 181

36. Hérisson orné du dieu Seth frappant un serpent de sa hache Stéatite avec traces de glaçure h. 1,46 ; L. 2,18 ; l. 1,52 Nouvel Empire AF 8 361

37. Hérisson faïence égyptienne h. 1,92 ; L. 2,9 ; l. 1,95 Époque tardive AF 8 549

Seth, « le fauteur de troubles »

38. La triade osirienne : les dieux Osiris, Isis et Horus, fils d’Isis ex-voto dédié par nkhounnéfer bronze h. 15,5 ; l. 10,1 Époque tardive E 4 291

39. La déesse Isis ailée protégeant son époux Osiris ex-voto dédié par Tekeret bronze incrusté d’or h. 20,5 ; pr. 11 Époque tardive E 3 722 – don Tyszkiewicz

40. La déesse Isis allaitant son fils Horus péridotite (?) h. 18,8 ; pr. 11,2 Époque tardive 3 997

41. Le dieu Thot à tête d’ibis faïence égyptienne h. 13,9 Époque tardive AF 9 440

42. La déesse Isis ailée protégeant son fils Horus trônant ex-voto dédié par Khamkhonsou bronze incrusté d’électrum h. 16,1 ; l. 4,2 ; pr. 10,5 Époque tardive E 9 421

43. Enseigne votive : le dieu Horus frappant un oryx de sa lance [disparue] ex-voto dédié par Padihor bronze h. 26,6 Époque tardive E 17 461

44. Le dieu Seth (?) albâtre h. 13,8 Tôd (Haute-Égypte) Nouvel Empire E 14 991

45. Tête de l’animal du dieu Seth faïence égyptienne h. 4,3 ; l. 1,9 Époque tardive AF 2 319

46. Patte avant de taureau faïence égyptienne h. 1 ; L. 2,8 ; ép. 0,4 Époque tardive E 23 833

47. Le dieu Horus coiffé d’une étoile ex-voto dédié par Djedhor bronze h. 16,5 Époque tardive E 3 739 – don Tyszkiewicz

48. La déesse Reret calcaire h. 24 Nouvel Empire (?) E 26 900

49. Le dieu Seth renversé sous le trône du dieu Osiris Fragment du papyrus Jumilhac papyrus et encres noire et rouge cursive hiéroglyphique ; annotations en cursive démotique h. 26,8 ; l. totale 896 Époque ptolémaïque E 17 110

50. « rituel pour abattre Seth et ses complices » et « rituel pour abattre le Mauvais » chapitres de conclusion du livre des Morts d’Ousirour papyrus et encres noire et rouge cursive hiératique h. 39,3 ; L. totale 1 024 Époque ptolémaïque 3 129

51. Stèle de protection contre les maléfices du dieu Seth représenté dans l’abattoir de la déesse Sekhmet calcaire h. 37 ; l. 25,5 Époque tardive Hanovre, musée Kestner, 1935.200.445 magie et religion un rituel magique osirien :
le rituel des quatre boules

52. Le reliquaire contenant la tête du dieu Osiris protégé par les dieux de la ville d’Abydos Stèle dédiée par le scribe royal Néferhotep calcaire peint h. 73 ; l. 49 ; ép. 12 Nouvel Empire, XIXe dyn., règne de Ramsès II C 148

53. Base du reliquaire d’Abydos Diorite h. 14,6 ; l. 11,7 Époque saïte (?) E 11 072

54. Fragment de paroi de chapelle avec un texte religieux Chapelle érigée par Kha-ânkh-Ré-Sebekhotep calcaire h. 110 ; l. 106 Abydos Moyen Empire, XIIIe dyn., règne de Kha-ânkh-Ré-Sebekhotep C 10

55. Talisman protecteur contre les serpents contenant un extrait du rituel des quatre boules papyrus et encre noire cursive hiératique h. 19,5 ; l. 7 Époque tardive E 3 239

56. Effigie du dieu Osiris cire enduite h. 37 Époque tardive (?) E 21 027

57. Boule au nom de la déesse Bastet terre crue h. 4,7 ; ép. 3,8 Tehneh el-Gebel (Moyenne-Égypte) Époque tardive (?) E 12 202

58. Boule au nom de la déesse Sekhmet terre crue h. 4,7 ; ép. 3,8 Tehneh el-Gebel (Moyenne-Égypte) Époque tardive (?) E 12 203

59. Boule au nom de la déesse Séchemtet terre crue h. 4,7 ; ép. 3,8 Tehneh el-Gebel (Moyenne-Égypte) Époque tardive (?) E 12 204

60. Boule au nom de la déesse Ouadjyt terre crue h. 4,7 ; ép. 3,8 Tehneh el-Gebel (Moyenne-Égypte) Époque tardive (?) E 12 205

61. La déesse Serquet bronze h. 7,3 ; L. 10,2 Époque tardive 5 017

62. Le dieu Amon bronze h. 21,7 Époque tardive E 19 754

63. Le dieu Montou bronze h. 22,2 Époque tardive E 5 704

64. La déesse Nekhbet (?) sous forme de vautour bois stuqué et peint h. 13 Époque tardive 3 642

65. La déesse Neith ex-voto dédié par Psammétik bronze h. 18,5 Époque tardive 3 676

66. La déesse Ouadjyt sous forme de déesse à tête de lionne ex-voto dédié par Hapmen (?) bronze h. 14,9 Époque tardive E 14 722

67. Le dieu Anubis ex-voto dédié par Padihorpakhered bronze h. 17,8 Époque tardive E 3 801 – don Tyszkiewicz

68. Le dieu syro-palestinien Rechef ex-voto dédié par nkhhor bronze h. 13,2 ; pr. 7,6 Époque tardive E 10 486

69a. Le dieu Onouris et sa compagne, la déesse Mehyt bronze h. 11,7 Saqqara, Serapeum Époque tardive 5 115

69b. Fragment architectural ou de sarcophage : le dieu Chou et sa compagne, la déesse Tefnout, sous l’aspect d’Onouris et Mehyt calcaire h. 16,5 ; l. 16 Époque tardive (?) E 22 750 – legs Curtis

70. La déesse Sekhmet ex-voto dédié par Ptahirdis bronze h. 16,6 Époque tardive E 3 734 – don Tyszkiewicz

71. La déesse Bastet bronze h. 15 Époque tardive E 3 731 – don Tyszkiewicz

72. Le dieu Thot à tête d’ibis bronze h. 14,2 Époque tardive E 4 452

73. Le dieu Anubis bronze doré h. 13,4 Époque tardive E 3 800 – don Tyszkiewicz

74. Le dieu Soped sous ses formes de poisson et de faucon enseigne votive dédiée par Pef-tchaou-Bastet bronze h. 13,7 ; l. 5,1 ; pr. 4,3 Époque tardive E 3 829 – don Tyszkiewicz

magie et État le pharaon, défenseur du pays L’ordre interne de l’Égypte Les textes d’exécration

75. Socle de statue au nom du roi Nectanébo II albâtre égyptien h. 26 ; L. 63 ; l. 41 Coptos Époque tardive, XXXe dyn., règne de Nectanébo II E 11 220 – don Reinach-Weill

76. Stèle frontière : le dieu Seth face au roi Ramsès II frappant un ennemi calcaire h. 140 ; l. 90 ; pr. 20,5 Égypte, désert oriental, Ouadi Sannour Nouvel Empire, XIXe dyn., règne de Ramsès II Munich, Ägyptische Sammlung, Gl. 29

77. Le peuple symbolisé par les oiseaux rekhyt adorant les cartouches de Ramsès II calcaire avec traces de polychromie h. 17 ; l. 43,5 ; ép. 7,5 Deir el-Medineh Nouvel Empire, XIXe dyn., règne de Ramsès II E 16 347 78. Modèle de sculpteur (?) : dieu-enfant empoignant un oiseau rekhyt calcaire h. 21,7 ; l. 15,8 ; ép. 2 Époque tardive E 11 293

79. Godet stéatite émaillée h. 2,5 ; L. 7 ; l. 4,5 Nouvel Empire E 25 298

80. Figurine d’exécration terre crue et encre noire h. 9 ; l. 5,5 ; ép. 1,5 Ancien Empire, fin Ve dyn.
Munich, Ägyptische Sammlung, ÄS 7 123

81. Figurine d’exécration terre crue et encre noire h. 9 ; l. 5,8 ; ép. 1,5 Ancien Empire, fin Ve dyn.
Munich, Ägyptische Sammlung, ÄS 7 124

82. Figurine d’exécration terre crue et encre h. 12,2 ; l. 4,6 ; ép. 3,1 Moyen Empire Bruxelles, musées royaux du Cinquantenaire, E 7 611

83. Statuette de prisonnier avec texte d’exécration calcaire peint et encre noire h. 12,8 ; l. max. 5,3 Mirgissa, dépôt I Moyen Empire Lille, université Charles-de-Gaulle Lille III, institut d’égyptologie et de papyrologie Jacques Vandier, PR1

84. Coupe inscrite avec texte d’exécration terre cuite et encre noire h. 5 ; ¯ 17 Mirgissa, dépôt I Moyen Empire Lille, université Charles-de-Gaulle Lille III, institut d’égyptologie et de papyrologie Jacques Vandier, COG 18

85. Fragment d’élément architectural : prisonnier libyen calcaire avec traces de polychromie h. 14,2 ; pr. 11,8 Deir el-Medineh Nouvel Empire, époque ramesside E 16 353

86. Fragment d’élément architectural : prisonnier libyen calcaire avec traces de polychromie h. 14,2 ; l. 11,5 ; pr. 17 Deir el-Medineh Nouvel Empire, époque ramesside E 16 354

87. Fragment d’élément architectural : prisonnier syro-palestinien calcaire avec traces de polychromie h. 13 ; l. 11,3 ; pr. 22 Deir el-Medineh Nouvel Empire, époque ramesside E 16 355

88. Fragment d’élément architectural : prisonnier calcaire avec traces de polychromie h. 12 ; pr. 14 Deir el-Medineh Nouvel Empire, époque ramesside E 16 356

89. Fragment de décor architectural : prisonnier syro-palestinien faïence égyptienne h. 8,7 ; l. 9,5 ; ép. 2,4 Nouvel Empire, époque ramesside E 7 691 A

90. Fragment de décor architectural : prisonnier nubien faïence égyptienne h. 14,2 ; l. 9,7 ; ép. 2,7 Nouvel Empire, époque ramesside E 7 691 B

91. Fragment de décor architectural : prisonnier nubien faïence égyptienne h. 11,2 ; l. 8,3 ; ép. 2,8, Nouvel Empire, époque ramesside, E 7 691 C

92. Fragment de décor architectural : prisonnier syro-palestinien faïence égyptienne h. 9,5 ; l. 7,1 ; ép. 1,9 Nouvel Empire, époque ramesside E 7 691 D

93. Semelle de sarcophage étoffe agglomérée stuquée et peinte L. 34 ; l. 26 ; ép. 1 Époque ptolémaïque 2 683 A

94. Fragment de statue : le roi Sésostris Ier piétinant les neuf arcs diorite h. 10,2 ; l. 12 ; pr. 21 Moyen Empire, XIIe dyn, règne de Sésostris Ier AF 9 913

95. Scarabée : le roi Aménophis III frappant les ennemis Stéatite émaillée h. 2,25 ; L. 5,02 ; l. 3,76 Nouvel Empire, XVIIIe dyn., règne d’Aménophis III 589 A

96. Bague : le roi Ramsès II frappant les ennemis Stéatite glaçurée et bronze ¯ 1,95 ; l. 2,38 Nouvel Empire, XIXe dyn., r ègne de Ramsès II AF 6 644

magie, mode d’emploi paroles à direÉ gestes à accomplirÉ

97. Palette de scribe avec pinceaux et cupules à encre bois L. 36,8 ; l. 5,5 ; ép. 1,1 Nouvel Empire E 5 722

98. Feuille de papyrus vierge 3 271

99a. Homme frappant un serpent vignette du livre des Morts (chapitre XXXIII ou XXXV) papyrus h. 8,1 ; L. 10 Époque tardive 3 064 B

99b. Le dieu « Amon le vénérable qui préside à l’horizon » Illustration correspondant au chapitre CLXV du livre des Morts toile de lin et peinture bleue, jaune, rouge et noire h. 13,5 ; l. 9,5 Époque tardive (?) 4 402

100. Ostracon : texte magique illustré d’une divinité à corps composite terre cuite et encre noire cursive hiératique h. 7,5 ; L. 7,8 ; ép. 0,6 Nouvel Empire (?) E 3 895

101. Figurine de femme cire h. 22,7 Moyen Empire (?) E 27 250 – don Landau 102. Figurine de bélier cire h. 5,6 ; L. 6,6 ; l. 2 Époque tardive (?) E 10 764

103. Figurine de faucon cire h. 6,3 ; L. 5,8 ; l. 2,4 Époque tardive (?) E 10 763

104. Figurine de cobra cire h. 3,5 ; L. 1,1 Époque tardive AF 9 859

105. Figurine de chien mordant un captif cire et lin h. 3,7 ; L. 7,1 Époque ptolémaïque E 27 079 – don Mengin

106. Statuette de prisonnier albâtre égyptien h. 10,7 ; l. 4,6 ; ép. 2,6 Moyen Empire E 27 691

107. Fragments de plaquettes estampées : prisonniers terre cuite et encre rouge h. 5 ; l. 5,2 Deir el-Medineh Nouvel Empire, époque ramesside E 16 502 (a-d)

108. Figurine de captif terre cuite incisée et lin h. 14 Moyen Empire (?)-IIe Période intermédiaire (?) E 16 499

109. Amulette : lion faïence égyptienne h. 3,2 ; L. 7,2 Époque tardive E 1 507

110. Feuillet du livre des Morts de la musicienne d’Amon Tabaakhet papyrus et encre noire cursive hiératique h. 40,5 ; L. totale 1 221 Époque tardive (?) 3 248

111. Texte magique papyrus et encres noire et rouge cursive hiératique h. 10,7 ; L. 34 Nouvel Empire, époque ramesside E 6 840 112. papyrus magique : animaux et divinités papyrus et encre noire cursive hiératique h. 5 ; L. 24,5 Époque tardive 3 233 A

113. Talisman avec texte de protection papyrus et encre noire cursive hiératique h. 20,2 ; L. 9,7 Deir el-Medineh Nouvel Empire, XXe dyn.
E 32 315

114. Talisman avec texte de protection papyrus et encre noire cursive hiératique h. 8,5 ; L. 15 Deir el-Medineh Nouvel Empire, XXe dyn.
E 32 313

115. Attaches des talismans 113, 114, 158, 159 et 160 comportant sept nœuds lin Deir el-Medineh Nouvel Empire, XXe dyn.

116. Plat à oreillettes en forme d’autel à feu (?) grauwacke h. 3,5 ; ¯ 26,6 Époque tardive (?) E 23 482 – legs Curtis

117. Lame de couteau bronze L. 11,2 ; l. 1,2 ; ép. 0,15 Époque tardive (?) E 779

118. Moules à figurines comportant les images du dieu Seth, d’Apophis, d’animaux nuisibles et de captifs calcaire h. 3,5 ; L. 10,6 ; l. 6,7 Époque ptolémaïque Rouen, musée départemental des Antiquités de Seine-Maritime, 97.9 – don Dollfus

119. Crocodile à tête de faucon : le dieu Horus imy-chenout (?) faïence égyptienne h. 2,1 ; L. 7,1 ; l. 2,1 Époque tardive E 8 390

120. Bord et appliques de chaudron (moulage) Original en terre cuite Tanis Époque ptolémaïque (?)
 
     
  l’ennemi du quotidien

la colère divine

121. La déesse Sekhmet tenant un sceptre en forme de papyrus diorite h. 170,5 Louxor, Kôm el-Hetan (?) Nouvel Empire, XVIIIe dyn., règne d’Aménophis III (?) A 5

122a. La déesse Bastet à tête de lionne faïence égyptienne h. 7,2 ; l. 6 Époque tardive E 5 751

122b. La déesse Bastet assise sur un trône orné des décans piétinant un Nubien et un Syro-Palestinien faïence égyptienne h. 14 ; l. 6,6 ; pr. 15,2 Époque tardive (?) E 1 579

123. La déesse Sekhmet (?) assise sur un trône orné des 36 décans fragment d’ex-voto dédié par le chef des travaux de la maison d’Amon nkhhor bois fossile glaçuré h. 11.4 ; pr. 8.1 Époque tardive E 10 644 – don Posno

124. La déesse Neith flanquée de deux dieux enfants pierre blanche (marbre ?) h. 14,9 ; pr. 9 Époque tardive ou époque ptolémaïque (?) E 3 658

125. Le dieu Toutou bronze h. 8 ; L. 10,6 Époque tardive E 11 600

126. Amulette : la déesse Sekhmet (?) tenant un arc faïence égyptienne h. 6,4 ; pr. 3,2 Époque tardive 3 825

127. Génie ailé à tête de chien protégeant une déesse à tête de lionne bronze h. 7,5 ; l. 1,65 ; pr. 4,6 Époque tardive (?) E 3 789 – don Tyszkiewicz

128. Génie émissaire (?) à tête de chien tirant à l’arc faïence égyptienne h. 7,95 ; pr. 3,9 Époque tardive 4 391

129. Singe tenant un arc bronze h. 5,9 Époque tardive E 10 772

130. Talisman protecteur au nom de Djedhor contre les dangers du Nouvel an papyrus et encre noire cursive hiératique h. 5 ; L. 25 Époque tardive 3 233 B

131. Amulette : tige de papyrus faïence égyptienne h. 11,5 Époque tardive 4 607 132. Amulette : tige de papyrus amazonite (?) h. 2,68 ; l. 1,13 ; ép. 0,66 Époque tardive E 1 218

133. Hérisson avec souhait de bonne année faïence égyptienne h. 1,69 ; L. 2,57 ; l. 1,97 Époque tardive AF 1 143

134. Gourde de Nouvel an faïence égyptienne h. 13,2 ; ¯ 9,8 Époque tardive, XXVIe dyn., règne de Psammétique II E 5 328

135. Bague avec souhait de bonne année faïence égyptienne h. 1,42 ; l. 1,7 Époque tardive AF 12 642

136. Le dieu Khonsou ex-voto dédié par Pasa bronze incrusté h. 23,3 Époque tardive 3 539

137. Ostracon : « Conjuration contre celui dont on a peur » calcaire et encre noire h. 12,5 ; l. 14,8 ; ép. 1,8 Nouvel Empire, époque ramesside 694

138. Étui à talisman de Chaq or h. 5,6 ; ¯ 1,5 Époque tardive E 3 317

139. Décret divin de protection pour la dame Nes-ta-iret-Ré papyrus et encre noire cursive hiératique h. 46 ; l. 8,2 IIIe Période intermédiaire E 8 083

140a. Bès panthée, ex-voto dédié par le trésorier Pakhar bronze incrusté d’or h. 28,8 ; l. 7,5 ; pr. 17,2 Époque tardive, XXVIe dyn., règne de Psammétique Ier E 11 554

140b. Panthée vénéré par un dévot portant une offrande bronze h. 17,8 ; l. 10,6 Époque tardive E 5 865 B 141. Stèle : Bès panthée faïence égyptienne h. 16,3 ; l. 12,5 ; ép. 2 Époque tardive E 10 954

142. Pendentif-amulette : panthée terrassant les animaux néfastes faïence égyptienne h. 3,2 ; l. 1,8 ; ép. 0,6 Époque tardive E 1 829

143. Fragment de stèle : panthée brandissant un couteau calcaire h. 14,5 ; l. 10,5 Époque tardive 4 210

144. Socle de statuette : animaux néfastes bronze h. 2 ; L. 12 ; l. 6,5 Époque tardive E 11 751

145. Amulette : divinité figurée sous forme de nain (patèque) avec les déesses Isis, Nephthys et Maât faïence égyptienne h. 8,5 ; l. 7,3 ; pr. 3,13 Époque tardive E 11 202 146. Amulette : divinité figurée sous forme de nain (patèque) à tête de bélier faïence égyptienne h. 6,65 Époque tardive (?) AF 10 954

147. Pendentif-amulette : divinité figurée sous forme de nain (patèque) cornaline (?) h. 1,9 ; l. 1,2 ; pr. 0,93 Époque tardive (?) AF 2 542

148. Divinité figurée sous forme de nain (patèque) juvénile assis sur un nénufar faïence égyptienne h. 5,7 Époque tardive (?) E 8 385

149. Divinité figurée sous forme de nain (patèque) avec les déesses Isis et Nephthys et le dieu Néfertoum faïence égyptienne h. 3,92 Époque tardive (?) E 9 950

150. Socle inscrit avec les noms mystérieux du dieu-soleil faïence égyptienne h. 0,98 ; L. 3,6 ; l. 2 Époque tardive (?) AF 12 688

la maladie et la malchance

151. Le ba sous forme d’oiseau à tête humaine bois peint et doré h. 12,7 ; l. 4,88 ; pr. 8,77 Époque tardive, N 4 370

152. Le ba du mort rejoignant son cadavre vignette du chapitre LXXXIX du livre des Morts papyrus h. 4,6 ; L. 7 Époque ptolémaïque 4 375

153. Figurine d’envoôtement : le mort Henouy sous l’aspect d’un captif bois peint et encre noire h. 18,2 ; l. 4,7 Moyen Empire E 27 204 – don Domercq

154. Sceau de la nécropole bois h. 5,7 ; L. 11,5 ; l. 4,4 Nouvel Empire (?) 2 216

155. Figurine d’envoôtement : être malveillant terre cuite incisée h. 14 Moyen Empire (?) – IIe Période intermédiaire (?) E 16 493

156. Figurine d’envoôtement : créature malveillante terre cuite incisée et peinte h. 13,4 ; l. 6,3 Moyen Empire (?) – IIe Période intermédiaire (?) E 16 501

157. Modèle de sculpteur : fenêtre calcaire h. 9,9 ; l. 7,8 ; ép. 1,4 Époque tardive E 11 144

158. Talisman protecteur au nom de la dame Taiset papyrus et encre noire cursive hiératique h. 8,1 ; L. 20,5 Deir el-Medineh Nouvel Empire, fin XXe dyn.
E 32 311

159. Talisman protecteur au nom de la dame Mout-em-heb papyrus et encres noire et rouge cursive hiératique h. 14,6 ; L. 21,6 Deir el-Medineh Nouvel Empire, XXe dyn.
E 32 308

160. Talisman protecteur contre la fièvre papyrus et encre noire cursive hiératique h. 9,9 ; L. 20,8 Deir el-Medineh Nouvel Empire, XXe dyn.
E 32 310

161. Applique : le dieu Bès bois peint h. 9,4 ; ép. 1 Nouvel Empire (?) -Époque tardive (?) 4 226 A

162. Applique : le dieu Bès bois peint h. 9,4 ; ép. 1 Nouvel Empire (?) -Époque tardive (?) 4 226 B

163. Applique : le dieu Bès ailé bois peint h. 9,5 ; ép. 11 Nouvel Empire (?) -Époque tardive (?) 4 217

164. Fragment d’ivoire magique ivoire gravé et peint L. 23,8 ; l. 3,7 ; ép. 0,7 Moyen Empire AF 6 447

165. Statue de la déesse Thouéris ex-voto dédié par le chef des recrues Djed-Djehouty-iou-ef-ânkh feldspath h. 31,5 ; l. 8,4 ; pr. 14,5 IIIe Période intermédiaire, XXIIe dyn., règne de Chéchonq III (?) E 25 479

166. Statuette de la déesse Thouéris faïence égyptienne h. 9,3 ; l. 2,9 ; pr. 3,7 Époque tardive AF 2 346 167. Fragment d’ivoire magique ivoire gravé et peint L. 14,5 ; l. 4,7 ; ép. 0,8 Moyen Empire 1 489

168. La déesse Thouéris à tête de lionne cornaline h. 4,3 ; l. 1,35 ; ép. 1,65 Époque tardive E 8 393

169. Statuette de la déesse Thouéris cristal de roche h. 10,7 Époque tardive 2 623

170. Appui-tête orné des images du dieu Bès et de la déesse Thouéris bois gravé h. 15,5 ; L. 25,2 ; l. 7,3 Nouvel Empire 2 736 A

171. Base d’appui-tête orné d’images du dieu Bès tirant à l’arc bois et os h. 7 ; L. 31,5 ; l. 9 Nouvel Empire AF 2 172. Appui-tête orné de nœuds bois h. 19,5 ; L. 32,1 ; l. 6,1 Nouvel Empire E 13 852

173. Femme sur un lit allaitant son enfant calcaire peint h. 9 ; L. 47,5 ; l. 15,5 Nouvel Empire E 11 764

174. Étui à kohol en forme du dieu Bès faïence égyptienne h. 10 ; l. 5,5 ; pr. 4 Nouvel Empire E 5 373

175. Fragment de texte littéraire : la sagesse d’Any papyrus et encre noire cursive hiératique h. 9,6 ; L. 45 Nouvel Empire E 30 144

176. Fragment de texte littéraire : histoire de revenant papyrus et encre noire cursive hiératique h. 12 ; l. 29 IIIe Période intermédiaire E 25 352 – legs Chassinat (pap. Chassinat II)

177. Fragment de conte : Khonsouemheb et le fantôme terre cuite et encre noire cursive hiératique h. 19 ; l. 27 Nouvel Empire (?) 667 et N 700

178. Lettre écrite sur un bol par la dame Merti à son fils défunt Méreri terre cuite engobée et encre noire cursive hiératique h. 7 ; ¯ 13,7 Ire Période intermédiaire E 6 134 – don Frohner

179. Ostracon : lettre du scribe Boutehamon au cercueil de son épouse Akhtay calcaire et encre rouge cursive hiératique h. 20 ; l. 12,5 ; ép. 1,8 Nouvel Empire, fin XXe dyn.
698

180. Paroi de la chapelle funéraire du général Imenyseneb calcaire peint h. 43 ; l. 68,5 ; ép. 12 Moyen Empire, fin XIIe dyn. (?) -XIIIe dyn. (?) E 25 485

181. Stèle : Horsaiset adorant la déesse Hathor sous sa forme de vache calcaire h. 27 ; l. 21,5 IIIe Période intermédiaire E 20 904

182. Plaquette ornée de sept yeux oudjat et, au verso, d’une fleur de nénufar faïence égyptienne L. 9,2 ; l. 6,7 ; ép. 1,4 Moyen Empire (?) -Nouvel Empire (?) E 17 358 – legs Kahn

183a. Simulacre de balle bois stuqué et peint ¯ 5,3 Nouvel Empire (?) AF 12 689

183b. Manche de miroir en forme de batte bois h. 14 ; l. max. 2,9 ; ép. max. 1,8 Nouvel Empire, E 10 950 180

les animaux venimeux

184a. Talisman protecteur contre les serpents extrait du rituel des quatre boules papyrus et encre noire cursive hiératique h. 19,7 ; l. 6,1 Époque tardive E 3 237

184b. Amulette : lion faïence égyptienne h. 4 ; L. 7,3 Époque tardive E 1 506

185. Amulette : le roi Ramsès II s’apprêtant à frapper un serpent stéatite glaçurée L. 1,63 ; l. 1,16 ; ép. 0,54 Nouvel Empire, XIXe dyn., règne de Ramsès II AF 10 115

186. Cartouche royal au nom d’un roi Takelot Stéatite (?) L. 3,9 ; l. 2,42 ; ép. 1,28 IIIe Période intermédiaire, XXIIe dyn., règne de Takelot II (?) AF 10 113

187. Stèle au nom de l’orfèvre du temple d’Amon Pa-cheri-ir-aâ comportant la vignette du chapitre xxxi du livre des Morts calcaire avec traces de polychromie h. 30,5 ; l. 23,5 ; ép. 4 Époque tardive C 152

188. Formules pour éloigner les animaux nuisibles dans l’Au-delà feuillet du livre des Morts du prêtre Nesptah, chapitres xxxi à xxxv papyrus, encre noire et rehauts de peinture h. 35 ; L. totale 558 Époque tardive (?) -époque ptolémaïque (?) 3 100

189. La déesse Isis allaitant son fils Horus bronze incrusté et plaqué d’or h. 19,5 ; L. 15,8 Époque tardive E 4 301

190. Le dieu Thot à tête d’ibis bronze h. 19,9 Époque tardive E 3 727 – don Tyszkiewicz

191. Fragment de statue de la déesse Isis allaitant péridotite (?) h. 8,1 ; l. 4,7 ; pr. 9,7 Époque tardive E 3 775 – don Tyszkiewicz

192. La déesse Isis-scorpion allaitant le dieu Osiris grauwacke h. 16,8 ; l. 3,5 ; pr. 8,3 Époque tardive E 20 060

193a. Le dieu Ched sous l’aspect d’un jeune prince terrassant les animaux nuisibles calcaire avec traces de polychromie h. 27,7 ; l. 14,3 ; ép. 5 IIIe Période intermédiaire (?) -Époque tardive (?) 524

193b. Fragment de stèle : le dieu-enfant Ched tendant trois serpents à la déesse Isis calcaire h. 9,4 ; l. 13,2 ; ép. 2,5 Deir el-Medineh (?) Nouvel Empire, XIXe-XXe dyn.
E 27 713

194. Fragment de stèle d’Horus sur les crocodiles : Horus-l’enfant (Harpocrate) calcaire h. 19 Époque tardive E 16 264

195. Stèle d’Horus sur les crocodiles calcaire h. 23,9 ; l. 17,9 ; ép. 9 Époque tardive Avignon, musée Calvet, A 58

196. Stèle d’Horus sur les crocodiles Grauwacke h. 28 Époque tardive E 10 902

197. Fragment de stèle d’Horus sur les crocodiles calcaire h. 23,5 ; l. max. 9 ; ép. 5,7 IIIe Période intermédiaire AF 12 690 198. Stèle portative d’Horus sur les crocodiles calcaire h. 19 ; l. 5,5 Époque tardive E 930 (?)

199. Stèle portative d’Horus sur les crocodiles Pierre jaune h. 10 ; l. 5 IIIe Période intermédiaire (?) AF 12 540

200. Amulette : stèle d’Horus sur les crocodiles au nom de Di-Bastet-iaout perre verte h. 10,1 Époque tardive E 20 010

201. Fragment de stèle portative d’Horus sur les crocodiles faïence égyptienne h. 6,8 ; l. 8 XXVIe dyn. (?)-Époque tardive (?) E 20 018

202. Amulette : stèle miniature d’Horus sur les crocodiles Pierre brune h. 4,61 ; l. 3,09 ; ép. 0,68 Époque tardive E 10 799 203. Stèle miniature d’Horus sur les crocodiles pierre verte h. 5,8 ; l. 4 Époque tardive E 1 051

204. Amulette-pendentif : stèle d’Horus sur les crocodiles bronze h. 11,5 ; l. 3,5 ; ép. 0,2 Époque tardive E 3 193 (?)

205. Amulette-pendentif : stèle miniature d’Horus sur les crocodiles faïence égyptienne h. 3,13 ; l. 0,87 ; ép. 0,8 Tanis Époque tardive (?) -époque ptolémaïque (?) E 15 824

206. Amulette-pendentif : stèle miniature d’Horus sur les crocodiles faïence égyptienne h. 2,82 ; l. 1,25 ; ép. 0,65 Tanis Époque tardive (?) -époque ptolémaïque (?) E 15 825

207. Statue guérisseuse, dite « statue Tyszkiewicz », présentant une stèle d’Horus sur les crocodiles, dédiée par trois prêtres de la déesse Bastet grauwacke h. 67,7 Époque ptolémaïque E 10 777

les magiciens du Louvre

208. Hetepi, chef des magiciens bois (conifère, acacia et ficus) et métal cuivreux h. 43 ; l. 18,3 ; pr. 38,1 Moyen Empire, fin XIe dyn.
E 123

209. Brique magique (?) : Khaemouaset, fils de Ramsès II et grand prêtre de Ptah Grès peint h. 37,7 Saqqara, Serapeum Nouvel Empire, XIXe dyn., règne de Ramsès II 445 B

210. Pa-di-Imen-neb-nesout-taouy, troisième prêtre d’Amon, prêtre-lecteur en chef et prêtre-ouab de Sekhmet, et son épouse Chepen-Mout calcaire ronde-bosse h. 44 ; l. 29,5 ; pr. 29 IIIe Période intermédiaire, fin XXVe dyn. ou début XXVIe dyn.
A 117

211. Serviteur funéraire (oushebti) : Tchahorpata, chef des conjurateurs de la déesse Serquet faïence égyptienne h. 26 Époque tardive, XXXe dyn., règne de Nectanébo II E 5 580

212. Imhotep divinisé Statue votive dédiée par Ouahibré Grauwacke h. 45,5 ; l. 11 ; pr. 24 Trouvée en Italie Époque ptolémaïque 4 541

213. La déesse Isis magicienne bronze h. 57 Alexandrie Époque ptolémaïque Paris, musée du Petit Palais, inv. Dutuit 6

214. Moïse changeant en serpent la verge d’Aaron Nicolas Poussin huile sur toile h. 128 ; L. 92 deuxième quart XVIIe siècle département des Peintures, inv. 7 274

215a. Fragment de bâton magique stéatite h. 2,06 ; L. 6,15 ; l. 2,2 Moyen Empire E 9 940

215b. Fragment de bâton magique : tortue ivoire h. 3,44 ; l. 2,53 ; ép. 0,85 Moyen Empire E 26 914

216. Ivoire magique ivoire gravé et peint L. 16,1 ; l. 6 ; ép. 0,9 Moyen Empire E 3 614 et MMA 26.7.1 288 217a. Instrument rituel ouret hekaou en forme de serpent albâtre L. 15 Nouvel Empire (?) AF 9 943

217b. Baguette de magicien (?) : cobra bronze L. 70 Époque tardive (?) E 3 855 – don Tyszkiewicz

218. Bâton magique (?) de Hormès, scribe des archives du palais schiste h. 27 ; l. 3,8 ; pr. 7,4 IIIe Période intermédiaire, XXIIe dyn., règne d’Osorkon II E 25 414

survivances d’hierÉ

219. Fragment de statuette : Bastet-Sekhmet trônant protégeant un homme faïence égyptienne h. 8,2 ; l. 4,2 ; pr. 11,7 IIIe Période intermédiaire (?) 3 871

220. Planisphère céleste dit « Tabula Bianchini » marbre h. totale 77 ; L. totale 78 Rome, colline de l’Aventin Fin IIe-début IIIe siècle MA 540

221. Intaille magique face : Chnoubis ; revers : inscription magique grecque jaspe h. 2,4 IIe-IIIe siècle AF 12 691

222. Intaille magique face : Chnoubis ; revers : signe de Chnoubis jaspe (?) h. 1,9 IIe-IIIe siècle AF 12 692

223. Stèle d’Horus sur les crocodiles avec inscriptions grecques serpentine noire h. 15 ; l. 9 ; ép. 3,5 Époque ptolémaïque Paris, Bibliothèque nationale, cabinet des Médailles, inv. 239bis (1 377)

224. Intaille magique avec inscriptions grecques face : créature à tête de coq et jambes en forme de serpents ; revers : Chnoubis avec des animaux bronze h. 4,2 ; l. 3,1 IIe-IIIe siècle E 13 551 – don Daressy

225. Talisman face : personnage nu à tête de coq ; revers : inscription magique grecque hématite h. 2,8 ; l. 2,5 ; ép. 1,95 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) E 3 017

226. Intaille magique avec inscriptions grecques face : créature à tête de coq et jambes en forme de serpents ; revers : inscription magique grecque jaspe rouge h. 2 ; ép. 0,3 IIe-IIIe siècle AF 12 693

227. Intaille magique face : personnage à tête de lion radiée ; revers : inscription magique grecque Pierre noire veinée de jaune h. 2,3 ; ép. 0,35 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) AF 12 694

228. Intaille magique ornée d’un panthée jaspe sanguin h. 1,7 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) AF 12 695

229. Intaille magique face : génie sans tête, Serphouthmuisro ; revers : texte magique grec Lapis-lazuli h. 3,6 : l. 2,2 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) Paris, Bibliothèque nationale, cabinet des Médailles, inv. 2 170

230. Statuette du dieu Sérapis en buste serpentine noire h. 8,6 Louxor (?) 1re moitié du IIe siècle Antiquités grecques, étrusques et romaines, MA 2 728 – don Jollivet

231. Intaille magique avec inscriptions et caractères magiques grecs cornaline h. 3,5 ; ép. 0,8 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) AF 12 696

232. La déesse Hathor à tête de vache bronze h. 16,9 Époque tardive E 4 419

233. Intaille magique face : Hathor-Hécate ; revers : inscription magique grecque Hématite h. 3,3 ; l. 2,9 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) Paris, Bibliothèque nationale, cabinet des Médailles, inv. 2 207 A

234. Enseigne divine : le dieu-soleil sous l’aspect d’un enfant assis sur un nénufar bronze h. 16,2 Époque tardive E 4 648

235. Amulette : faucon avec texte magique en langue grecque hématite (?) h. 6,7 ; l. 2,7 ; pr. 6,4 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) E 10 944

236. Intaille magique face : dieu piétinant un corps – mots magiques ; revers : génie à deux têtes animales – mots magiques jaspe jaune h. 4,9 ; l. 3,6 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) Paris, Bibliothèque nationale, cabinet des Médailles, inv. 2220ter

237. Intaille magique face : personnage couronné face à une femme ; revers : le dieu Anubis – texte magique grec serpentine verte h. 2,7 ; ép. 0,4 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) AF 12 697

238. Fragment de texte magique : recettes de divination papyrus et encre noire cursive démotique h. 27,7 ; L. 114,5 Époque romaine E 3 229

239. Fragment de texte magique à vignettes : « le rituel du chat » papyrus Mimaut papyrus et encre noire grec oncial h. 27,5 ; L. 102 Époque romaine 2 391

240. Le dieu Horus sous l’aspect d’un légionnaire bronze h. 22 Époque romaine E 16 265

241. Le dieu Horus pourvu de rayons solaires sous l’aspect d’un légionnaire bronze h. 26,5 Époque romaine 7 977

242. Momie de chat matériau organique, lin et peinture h. 27 ; l. 6 Époque tardive 2 678 A

243. Fragment de texte magique à vignettes : formule pour acquérir de la mémoire revers du « papyrus Mimaut » papyrus et encre noire grec oncial h. 27,5 ; L. 37,5 Époque romaine 2 391

244. Plaquette : œil oudjat faïence égyptienne h. 12,3 ; l. 14 ; ép. 1,7 Époque tardive (?) E 1 612

245. Tablette de scribe comportant une lettre à un mort bois grec h. 13,5 ; l. 5,5 Époque ptolémaïque (?) -époque romaine (?) AF 6 716

246. Charme d’amour papyrus avec texte d’envoôtement pour propager la passion chez un dénommé Sarapion au bénéfice d’un dénommé Dioskoros grec papyrus Ier siècle 3 378

247. Talisman « contre tout esprit et toute maladie » appartenant à Abbagaza argent grec h. 3,4 ; L. 12,8 Kop-Tokil (Crimée) IIe-IIIe siècles.
Antiquités grecques, étrusques et romaines, Bj 89

248. Talisman « contre tout esprit et toute maladie » appartenant à Abbagaza or grec L. 6,5 Kop-Tokil (Crimée)