![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
| Les empereurs du Nil, lÉgypte romaine Valenciennes, musée des Beaux-Arts, 1er mars 12 juin 2000 Cette exposition est coproduite par le musée gallo-romain de Tongres, le musée des Beaux-arts de Valenciennes, le musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon et le musée Allard Pierson dAmsterdam. Elle a bénéficié du soutien de la Ville de Valenciennes, du ministère de la Culture, de la direction régionale des Affaires culturelles du Nord-Pas-de-Calais et du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. Elle sera présentée au musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon cet été puis au musée Allard Pierson dAmsterdam cet automne. Sommaire du dossier de presse Les empereurs du Nil, vers dautres horizonsÉ LÉgypte captive Le miracle du Nil LEmpereur Auguste et ses successeurs La religion Art et tradition Images de la vie quotidienne La richesse des langues Lhabillement et la parure Autour de lexposition Ce dossier de presse a été réalisé à partir du journal édité à loccasion de cette exposition Les Empereurs du Nil, vers dautres horizonsÉ Lexposition darchéologie méditerranéenne « Les empereurs du Nil », coproduite par quatre musées européens (Tongres, Valenciennes, Lyon. Amsterdam), présente un large panorama de loccupation romaine de lÉgypte qui fut pendant les cinq premiers siècles de notre ère le « grenier à blé de Rome ». Architecture, peintures, sculptures, croyances religieuses, vie quotidienneÉ sont les principaux thèmes illustrés par plus de trois cents uvres et objets rares sélectionnés dans les grandes collections internationales, et provenant de célèbres sites de la Vallée du Nil. Non conformes à lidée classique que lon se fait des créations pharaoniques anciennes, les uvres présentées montrent aux visiteurs mille nouveautés, traditions égyptiennes hellénisées et productions artistiques dinfluence romaine. Ancienne terre des pharaons, devenue province impériale après le suicide de Cléopâtre, lÉgypte romaine est dévoilée au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, pour un voyage vers dautres horizons. Exceptionnellement à Valenciennes, lexposition se voit complétée par les collections de linstitut dégyptologie de luniversité de Lille III comprenant des masques funéraires, des offrandes votives et des objets de la vie quotidienne de la fin de lépoque ptolémaïque et du début de lépoque romaine. LÉgypte captive En 30 avant notre ère, Auguste conquit lÉgypte après avoir mené une guerre civile contre son rival Antoine qui avait fait alliance avec la reine dÉgypte Cléopâtre. Après la célèbre bataille dActium qui mit fin à la dynastie ptolémaïque et à lindépendance de lÉgypte, Cléopâtre choisit de se donner la mort. LÉgypte devenait alors lune des provinces de lempire romain, province impériale directement sous le contrôle de lempereur et de ses représentants personnels appartenant à lordre équestre. À la tête de ladministration romaine se trouvait un préfet établi à Alexandrie, et qui dirigeait les régions rurales ainsi que quatre villes grecques dont Alexandrie. LÉgypte captive connut alors une période de paix, une paix armée sous létroit contrôle des empereurs romains. Le maintien était en effet assuré par trois ou quatre légions renforcées de troupes auxiliaires. Le miracle du Nil LÉgypte est née dun miracle, celui du Nil, dont les eaux montaient chaque année de plusieurs mètres pour inonder une grande partie de la Vallée. Les champs étaient alors recouverts, dès le mois de juillet, dune couche de riche limon. Après la décrue, achevée en octobre, les terres fertilisées étaient ensemencées. Cette inondation miraculeuse faisait de lÉgypte le pays le plus fécond de tout lEmpire romain, le « grenier à blé de Rome », selon la formule consacrée. À lépoque gréco-romaine, un ingénieux système de digues et de canaux, aménagés de manière à rendre cultivable toute la vallée, permit une énorme production de céréales destinées à lapprovisionnement de grandes cités comme Rome et Alexandrie. La nouveauté technique romaine fut en particulier la roue hydraulique actionnée par des bufs pour irriguer des champs, des oliveraies, et des vignobles éloignés du fleuve. Jusquau siècle dernier encore, les Égyptiens fêtaient avec frénésie le début des crues. La construction du barrage dAssouan devait entraîner un total bouleversement mettant fin à lindépendance séculaire du Nil. LEmpereur Auguste et ses successeurs Auguste, pour avoir annexé lÉgypte à lEmpire romain, était représenté comme le nouveau pharaon ; ainsi le voit-on apparaître sur les murs des temples, portant les traditionnelles offrandes aux dieux et animaux sacrés. À sa suite, sur les dizaines dempereurs qui se sont succédé, quelques-uns se rendirent effectivement sur les rives du Nil. Vespasien séjourna en 69 de notre ère à Aiexandrie, et son fils Titus alla à Memphis pour visiter le temple du taureau Apis. La visite dHadrien, intellectuel curieux passionné de voyages, dura plus de huit mois au cours desquels il séjourna à Alexandrie et parcourt toute la vallée du Nil. Cest lors de son expédition que fut fondée la ville dAntinoopolis, en moyenne Égypte, pour rappeler la mémoire dAntinoös, athlète favori de lempereur, mort noyé dans le fleuve sacré en 130 de notre ère. En 199, Septime-Sévère sattarde en Égypte avec toute sa famille et en profite pour faire restaurer le grand sphinx et le célèbre colosse de Memnon. Il remonte le fleuve jusquà la frontière avec la Nubie et visite Philæ. À Alexandrie, il se rend sur la tombe dAlexandre le Grand et la fait définitivement fermer. Dioclétien est le dernier empereur à avoir visité lÉgypte en 298 après J.-C. Dans la littérature copte, il est surtout décrit comme un grand persécuteur de chrétiens. La religion À lépoque gréco-romaine, on assista à une augmentation du nombre de divinités. Si les prêtres perpétuaient le culte traditionnel égyptien dans les temples, la vie religieuse à lextérieur subissait de plus en plus linfluence grecque. La famille divine formée par le dieu des morts Osiris, son épouse Isis et leur fils Harpocrate, jouissait dune très grande popularité et leur culte sest étendu à tout lEmpire romain. Divers autres dieux égyptiens ont été hellénisés, ainsi la déesse Neith assimilée à Athéna. Les auteurs classiques et chrétiens aimaient se moquer de la vénération des animaux, pratique très populaire en Égypte à lépoque gréco-romaine. Certaines espèces étaient en effet considérées comme sacrées libis de Thot, le faucon dHorus, le chat de Boebastis, le crocodile de Sobek, le taureau Apis, image vivante du dieu Ptah de Memphis. Des millions danimaux ont été ainsi momifiés et inhumés dans les sanctuaires. Durant la période ptolémaïque, les temples se sont transformés en lieux protégés oò la religion et la culture égyptienne traditionnelles étaient jalousement conservées dans un monde de plus en plus hellénisé. Sous loccupation romaine, Auguste et ses successeurs perpétuèrent cette politique en restaurant danciens temples et en construisant parallèlement des temples modernes principalement bâtis dans des régions oò les romains avaient des intérêts. Art et tradition Les empereurs romains poursuivent la politique artistique des Ptolémées achèvement et construction de grands temples, comme celui de Philæ, respect de la tradition mais adaptation aux critères dune nouvelle civilisation. Dans le domaine funéraire, par exemple, les nombreux étrangers fixés en Égypte adoptent la momification, mais le visage stéréotypé des sarcophages est remplacé par un visage aux traits expressionnistes. « Salut à toi beau visage doré de la vie », ainsi débute le chapitre du Livre des morts consacré à la tête mystérieuse, cest-à-dire au masque funéraire. Celui-ci est un élément indispensable pour la survie de lindividu. Il subsiste à toutes les époques et trouve son prolongement dans les portraits peints sur bois à lencaustique qui ont été mis au jour dans le Fayoum. Pendant plusieurs siècles, lart égyptien connaît donc une grande vitalité qui lui permet de se conjuguer sans jamais se confondre avec lesthétique gréco-romaine. Si les temples, les uvres plastiques, les papyrus reprennent les traditions anciennes, la surcharge des décors et le fignolage des détails révèlent néanmoins une perte de pureté dans lélan spirituel. Images de la vie quotidienne Les sites dhabitations, souvent situés sur les hauteurs à labri des inondations du Nil, ont fait lobjet de fouilles archéologiques qui ont révélé les vestiges de maisons de petite taille faites de briques crues et de bois. La plupart de ces constructions comptaient de six à huit petites chambres et une pièce oò lon préparait les repas. Les murs dintérieurs étaient blanchis à la chaux ou, dans les maisons plus cossues, recouverts de peintures avec des représentations mythologiques. Si le rez-de-chaussée devenait insuffisant, on construisait un nouvel étage et bien souvent le toit servait également dendroit pour dormir. Le mobilier était essentiellement composé de nattes, de tabourets et de coffres destinés à ranger les objets de la vie domestique. Des niches aménagées dans les murs étaient pourvues de planches et faisaient donc office de placards. Dans des niches plus petites étaient déposées les lampes à huile. La possession dune maison était chose largement répandue et de nombreux papyrus traitent de la vente et de lhéritage de ces biens qui parfois pouvaient être divisés entre parents. Les nombreux propriétaires obtenaient ainsi un droit dentrée et de sortie pour leur chambre. La richesse des langues Le peuple égyptien parlait principalement égyptien, quant à lécriture elle était réservée à un petit groupe de spécialistes attachés aux temples. Le démotique était lécriture vulgaire, une forme très cursive dhiéroglyphes. Les textes démotiques avaient souvent une fonction pratique et suivaient plus ou moins les règles de légyptien parlé. Lécriture hiératique était la forme manuscrite de lécriture hiéroglyphique et servait sur les papyrus aux textes religieux ainsi que littéraires. Elle fut maintenue jusquau deuxième siècle de notre ère dans les livres mortuaires et les bibliothèques de temples. Au second et au troisième siècle, cest le grec qui est prédominant, alors que le latin nétait utilisé que dans larmée et réservé essentiellement aux textes à caractère officiel. Dès le quatrième siècle de notre ère, le copte fut lancé écriture égyptienne utilisant les lettres de lalphabet grec complété de quelques signes démotiques. Jusquà la conquête arabe, le grec et le copte subsistèrent simultanément, le grec en tant que langue officielle et le copte en tant que langue de la majorité. Lhabillement et la parure Le costume, sobre à lorigine, sest compliqué au cours des siècles et la tunique simple et droite des femmes sest enrichie de plissés savants. Le pagne masculin sest allongé pour devenir une « tunique-sac », morceau de lin rectangulaire plié en deux et cousu sur les côtés avec des ouvertures pour les bras et la tête. À lépoque romaine, ces tuniques étaient souvent ornées de deux petites bandes de pourpre. Les hommes étaient principalement vêtus de blanc, tandis que les femmes optaient pour le rouge ou le pourpre. À la fin du IIe siècle de notre ère, on vit apparaître dans tout lEmpire un nouveau type de tunique, la dalmatique une tunique ample et longue, avec des manches courtes, et portée sans ceinture. On trouvait également toutes sortes de manteaux, parfois munis dun capuchon. À une époque tardive, il devint courant de porter plusieurs vêtements les uns par-dessus les autres tuniques, châle, manteau. Hommes et femmes appréciaient les bijoux, bracelets, colliers et pectoraux, boucles doreilles et bagues, qui peuvent être réalisés en faïence de couleur ou en or, rehaussés de pâte de verre et de pierres semi-précieuses. Émile Prisse dAvennes (1807-1879) Lexposition « Les empereurs du Nil » consacre une partie de ses vitrines au cabinet de légyptologue, Émile Prisse dAvennes, originaire de la ville dAvesnes dans le Nord. Émile Prisse dAvennes est renseigné dans les biographies qui lui sont consacrées comme « explorateur français, égyptologue, archéologue et publiciste ». Il cumulait les fonctions de fondateur et directeur de la Revue orientale et Algérienne et comptait parmi ses connaissances Champollion et Maspero, qui lança Howard Carter découvreur du tombeau de Touthankamon. Cet homme eut « la vocation » darchéologue après la perte de son emploi de professeur de fortification à lécole dInfanterie de Damiette en 1836. Il effectuera deux longs séjours en Égypte, le premier entre 1836 et 1844, consacré à larchéologie et à lexploration du pays, le second entre 1858 et 1860, à caractère plus officiel et minutieusement préparé. À cette occasion, il sadjoignit les services dun photographe, A. Jarrot ainsi que de Wilhelm de Famars Testas, parent de Prisse et dessinateur de talent dont certains dessins illustrent les ouvrages de légyptologue avesnois. Prisse dAvesnes était en effet un écrivain talentueux et un historien documenté et rédigea des ouvrages importants sur lÉgypte ancienne, dont une « Histoire de lart égyptien daprès les monuments depuis les temps reculés jusquà la domination romaine » (1858-1879). Ce livre, rédigé daprès des documents authentiques et inédits, constitua longtemps une référence pour les archéologues tout comme les travaux dans lensemble compilés par ce savant alimentèrent en information dautres figures célèbres férues dÉgypte ancienne : Théophile Gautier utilisa dessins et notes lorsquil composa Le Roman de la momie et Maxime du Camp y puisa pour ses Monuments dÉgypte et de la Syrie (1852) et son Récit sur le Nil (1853). Il abonde en détails curieux ignorés du public et souligne le talent décrivain de cet homme hors norme. il possédait également de grandes qualités de dessinateur et réalisa de nombreuses aquarelles, demeurées souvent les derniers et uniques témoins de sites aujourdhui disparus. Ce livre et dautres ouvrages précieux (notamment les six tomes du Voyage de Bruce), aquarelles et dessins estampés, chevalet de voyage et matériel destampage figurent dans lexposition tout comme lauthentique canne, représentée sur la photographie de Prisse dAvennes, qui laccompagna sur les plus grands sites dÉgypte. Des photographies datées de 1887 et propriétés de légyptologue complètent cet ensemble et dépeignent un climat parfaitement évocateur Les travaux densemble de Prisse dAvennes ont été légués par son fils à linstitut Villien, société archéologique et historique de larrondissement dAvesnes. Dautres sont aussi conservés à la Bibliothèque nationale. | ||
| les empereurs du nil, l'egypte romaine valenciennes, musee des beaux-arts, 1ermars - 12juin 2000 cette exposition est coproduite par le musee gallo-romain de tongres, le musee des beaux-arts de valenciennes, le musee de la civilisation gallo-romaine de lyon et le musee allard pierson d'amsterdam. elle a beneficie du soutien de la ville de valenciennes, du ministere de la culture, de la direction regionale des affaires culturelles du nord-pas-de-calais et du conseil regional du nord-pas-de-calais. elle sera presentee au musee de la civilisation gallo-romaine de lyon cet ete puis au musee allard pierson d'amsterdam cet automne. sommaire du dossier de presse les empereurs du nil, vers d'autres horizonsÉ l'egypte captive le miracle du nil l'empereur auguste et ses successeurs la religion art et tradition images de la vie quotidienne la richesse des langues l'habillement et la parure autour de l'exposition ce dossier de presse a ete realise a partir du journal edite a l'occasion de cette exposition les empereurs du nil, vers d'autres horizonsÉ l'exposition d'archeologie mediterraneenne "les empereurs du nil", coproduite par quatre musees europeens (tongres, valenciennes, lyon. amsterdam), presente un large panorama de l'occupation romaine de l'egypte qui fut pendant les cinq premiers siecles de notre ere le "grenier a ble de rome". architecture, peintures, sculptures, croyances religieuses, vie quotidienneÉ sont les principaux themes illustres par plus de trois cents oeuvres et objets rares selectionnes dans les grandes collections internationales, et provenant de celebres sites de la vallee du nil. non conformes a l'idee classique que l'on se fait des creations pharaoniques anciennes, les oeuvres presentees montrent aux visiteurs mille nouveautes, traditions egyptiennes hellenisees et productions artistiques d'influence romaine. ancienne terre des pharaons, devenue province imperiale apres le suicide de cleopatre, l'egypte romaine est devoilee au musee des beaux-arts de valenciennes, pour un voyage vers d'autres horizons. exceptionnellement a valenciennes, l'exposition se voit completee par les collections de l'institut d'egyptologie de l'universite de lille iii comprenant des masques funeraires, des offrandes votives et des objets de la vie quotidienne de la fin de l'epoque ptolemaique et du debut de l'epoque romaine. l'egypte captive en 30 avant notre ere, auguste conquit l'egypte apres avoir mene une guerre civile contre son rival antoine qui avait fait alliance avec la reine d'egypte cleopatre. apres la celebre bataille d'actium qui mit fin a la dynastie ptolemaique et a l'independance de l'egypte, cleopatre choisit de se donner la mort. l'egypte devenait alors l'une des provinces de l'empire romain, province imperiale directement sous le controle de l'empereur et de ses representants personnels appartenant a l'ordre equestre. a la tete de l'administration romaine se trouvait un prefet etabli a alexandrie, et qui dirigeait les regions rurales ainsi que quatre villes grecques dont alexandrie. l'egypte captive connut alors une periode de paix, une paix armee sous l'etroit controle des empereurs romains. le maintien etait en effet assure par trois ou quatre legions renforcees de troupes auxiliaires. le miracle du nil l'egypte est nee d'un miracle, celui du nil, dont les eaux montaient chaque annee de plusieurs metres pour inonder une grande partie de la vallee. les champs etaient alors recouverts, des le mois de juillet, d'une couche de riche limon. apres la decrue, achevee en octobre, les terres fertilisees etaient ensemencees. cette inondation miraculeuse faisait de l'egypte le pays le plus fecond de tout l'empire romain, le "grenier a ble de rome", selon la formule consacree. a l'epoque greco-romaine, un ingenieux systeme de digues et de canaux, amenages de maniere a rendre cultivable toute la vallee, permit une enorme production de cereales destinees a l'approvisionnement de grandes cites comme rome et alexandrie. la nouveaute technique romaine fut en particulier la roue hydraulique actionnee par des boeufs pour irriguer des champs, des oliveraies, et des vignobles eloignes du fleuve. jusqu'au siecle dernier encore, les egyptiens fetaient avec frenesie le debut des crues. la construction du barrage d'assouan devait entrainer un total bouleversement mettant fin a l'independance seculaire du nil. l'empereur auguste et ses successeurs auguste, pour avoir annexe l'egypte a l'empire romain, etait represente comme le nouveau pharaon; ainsi le voit-on apparaitre sur les murs des temples, portant les traditionnelles offrandes aux dieux et animaux sacres. a sa suite, sur les dizaines d'empereurs qui se sont succede, quelques-uns se rendirent effectivement sur les rives du nil. vespasien sejourna en 69 de notre ere a aiexandrie, et son fils titus alla a memphis pour visiter le temple du taureau apis. la visite d'hadrien, intellectuel curieux passionne de voyages, dura plus de huit mois au cours desquels il sejourna a alexandrie et parcourt toute la vallee du nil. c'est lors de son expedition que fut fondee la ville d'antinoopolis, en moyenne egypte, pour rappeler la memoire d'antinous, athlete favori de l'empereur, mort noye dans le fleuve sacre en 130 de notre ere. en 199, septime-severe s'attarde en egypte avec toute sa famille et en profite pour faire restaurer le grand sphinx et le celebre colosse de memnon. il remonte le fleuve jusqu'a la frontiere avec la nubie et visite philae. a alexandrie, il se rend sur la tombe d'alexandre le grand et la fait definitivement fermer. diocletien est le dernier empereur a avoir visite l'egypte en 298 apres j.-c.dans la litterature copte, il est surtout decrit comme un grand persecuteur de chretiens. la religion a l'epoque greco-romaine, on assista a une augmentation du nombre de divinites. si les pretres perpetuaient le culte traditionnel egyptien dans les temples, la vie religieuse a l'exterieur subissait de plus en plus l'influence grecque. la famille divine formee par le dieu des morts osiris, son epouse isis et leur fils harpocrate, jouissait d'une tres grande popularite et leur culte s'est etendu a tout l'empire romain. divers autres dieux egyptiens ont ete hellenises, ainsi la deesse neith assimilee a athena. les auteurs classiques et chretiens aimaient se moquer de la veneration des animaux, pratique tres populaire en egypte a l'epoque greco-romaine. certaines especes etaient en effet considerees comme sacrees l'ibis de thot, le faucon d'horus, le chat de boebastis, le crocodile de sobek, le taureau apis, image vivante du dieu ptah de memphis. des millions d'animaux ont ete ainsi momifies et inhumes dans les sanctuaires. durant la periode ptolemaique, les temples se sont transformes en lieux proteges ou la religion et la culture egyptienne traditionnelles etaient jalousement conservees dans un monde de plus en plus hellenise. sous l'occupation romaine, auguste et ses successeurs perpetuerent cette politique en restaurant d'anciens temples et en construisant parallelement des temples modernes principalement batis dans des regions ou les romains avaient des interets. art et tradition les empereurs romains poursuivent la politique artistique des ptolemees achevement et construction de grands temples, comme celui de philae, respect de la tradition mais adaptation aux criteres d'une nouvelle civilisation. dans le domaine funeraire, par exemple, les nombreux etrangers fixes en egypte adoptent la momification, mais le visage stereotype des sarcophages est remplace par un visage aux traits expressionnistes. "salut a toi beau visage dore de la vie", ainsi debute le chapitre du livre des morts consacre a la tete mysterieuse, c'est-a-dire au masque funeraire. celui-ci est un element indispensable pour la survie de l'individu. il subsiste a toutes les epoques et trouve son prolongement dans les portraits peints sur bois a l'encaustique qui ont ete mis au jour dans le fayoum. pendant plusieurs siecles, l'art egyptien connait donc une grande vitalite qui lui permet de se conjuguer sans jamais se confondre avec l'esthetique greco-romaine. si les temples, les oeuvres plastiques, les papyrus reprennent les traditions anciennes, la surcharge des decors et le fignolage des details revelent neanmoins une perte de purete dans l'elan spirituel. images de la vie quotidienne les sites d'habitations, souvent situes sur les hauteurs a l'abri des inondations du nil, ont fait l'objet de fouilles archeologiques qui ont revele les vestiges de maisons de petite taille faites de briques crues et de bois. la plupart de ces constructions comptaient de six a huit petites chambres et une piece ou l'on preparait les repas. les murs d'interieurs etaient blanchis a la chaux ou, dans les maisons plus cossues, recouverts de peintures avec des representations mythologiques. si le rez-de-chaussee devenait insuffisant, on construisait un nouvel etage et bien souvent le toit servait egalement d'endroit pour dormir. le mobilier etait essentiellement compose de nattes, de tabourets et de coffres destines a ranger les objets de la vie domestique. des niches amenagees dans les murs etaient pourvues de planches et faisaient donc office de placards. dans des niches plus petites etaient deposees les lampes a huile. la possession d'une maison etait chose largement repandue et de nombreux papyrus traitent de la vente et de l'heritage de ces biens qui parfois pouvaient etre divises entre parents. les nombreux proprietaires obtenaient ainsi un droit d'entree et de sortie pour leur chambre. la richesse des langues le peuple egyptien parlait principalement egyptien, quant a l'ecriture elle etait reservee a un petit groupe de specialistes attaches aux temples. le demotique etait l'ecriture vulgaire, une forme tres cursive d'hieroglyphes. les textes demotiques avaient souvent une fonction pratique et suivaient plus ou moins les regles de l'egyptien parle. l'ecriture hieratique etait la forme manuscrite de l'ecriture hieroglyphique et servait sur les papyrus aux textes religieux ainsi que litteraires. elle fut maintenue jusqu'au deuxieme siecle de notre ere dans les livres mortuaires et les bibliotheques de temples. au second et au troisieme siecle, c'est le grec qui est predominant, alors que le latin n'etait utilise que dans l'armee et reserve essentiellement aux textes a caractere officiel. des le quatrieme siecle de notre ere, le copte fut lance ecriture egyptienne utilisant les lettres de l'alphabet grec complete de quelques signes demotiques. jusqu'a la conquete arabe, le grec et le copte subsisterent simultanement, le grec en tant que langue officielle et le copte en tant que langue de la majorite. l'habillement et la parure le costume, sobre a l'origine, s'est complique au cours des siecles et la tunique simple et droite des femmes s'est enrichie de plisses savants. le pagne masculin s'est allonge pour devenir une "tunique-sac", morceau de lin rectangulaire plie en deux et cousu sur les cotes avec des ouvertures pour les bras et la tete. a l'epoque romaine, ces tuniques etaient souvent ornees de deux petites bandes de pourpre. les hommes etaient principalement vetus de blanc, tandis que les femmes optaient pour le rouge ou le pourpre. a la fin du iiesiecle de notre ere, on vit apparaitre dans tout l'empire un nouveau type de tunique, la dalmatique une tunique ample et longue, avec des manches courtes, et portee sans ceinture. on trouvait egalement toutes sortes de manteaux, parfois munis d'un capuchon. a une epoque tardive, il devint courant de porter plusieurs vetements les uns par-dessus les autres tuniques, chale, manteau. hommes et femmes appreciaient les bijoux, bracelets, colliers et pectoraux, boucles d'oreilles et bagues, qui peuvent etre realises en faience de couleur ou en or, rehausses de pate de verre et de pierres semi-precieuses. emile prisse d'avennes (1807-1879) l'exposition "les empereurs du nil" consacre une partie de ses vitrines au cabinet de l'egyptologue, emile prisse d'avennes, originaire de la ville d'avesnes dans le nord. emile prisse d'avennes est renseigne dans les biographies qui lui sont consacrees comme "explorateur francais, egyptologue, archeologue et publiciste". il cumulait les fonctions de fondateur et directeur de la revue orientale et algerienne et comptait parmi ses connaissances champollion et maspero, qui lanca howard carter decouvreur du tombeau de touthankamon. cet homme eut "la vocation" d'archeologue apres la perte de son emploi de professeur de fortification a l'ecole d'infanterie de damiette en 1836. il effectuera deux longs sejours en egypte, le premier entre1836 et1844, consacre a l'archeologie et a l'exploration du pays, le second entre1858 et1860, a caractere plus officiel et minutieusement prepare. a cette occasion, il s'adjoignit les services d'un photographe, a.jarrot ainsi que de wilhelm de famars testas, parent de prisse et dessinateur de talent dont certains dessins illustrent les ouvrages de l'egyptologue avesnois. prisse d'avesnes etait en effet un ecrivain talentueux et un historien documente et redigea des ouvrages importants sur l'egypte ancienne, dont une "histoire de l'art egyptien d'apres les monuments depuis les temps recules jusqu'a la domination romaine" (1858-1879). ce livre, redige d'apres des documents authentiques et inedits, constitua longtemps une reference pour les archeologues tout comme les travaux dans l'ensemble compiles par ce savant alimenterent en information d'autres figures celebres ferues d'egypte ancienne: theophile gautier utilisa dessins et notes lorsqu'il composa le roman de la momie et maxime du camp y puisa pour ses monuments d'egypte et de la syrie (1852) et son recit sur le nil (1853). il abonde en details curieux ignores du public et souligne le talent d'ecrivain de cet homme hors norme. il possedait egalement de grandes qualites de dessinateur et realisa de nombreuses aquarelles, demeurees souvent les derniers et uniques temoins de sites aujourd'hui disparus. ce livre et d'autres ouvrages precieux (notamment les six tomes du voyage de bruce), aquarelles et dessins estampes, chevalet de voyage et materiel d'estampage figurent dans l'exposition tout comme l'authentique canne, representee sur la photographie de prisse d'avennes, qui l'accompagna sur les plus grands sites d'egypte. des photographies datees de 1887 et proprietes de l'egyptologue completent cet ensemble et depeignent un climat parfaitement evocateur les travaux d'ensemble de prisse d'avennes ont ete legues par son fils a l'institut villien, societe archeologique et historique de l'arrondissement d'avesnes. d'autres sont aussi conserves a la bibliotheque nationale. |